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Allemagne : l’érosion du SPD, le parti des sociaux démocrates

Alors que le SPD fait partie de la coalition gouvernementale et le chancelier Olaf Scholz est membre du SPD, comment expliquer cette impression d’érosion du parti des sociaux démocrates ? Ce dimanche 15 mai, le land de Rhénanie du nord –  Westphalie sera aussi en élection. Décryptage avec Kai Littmann, journaliste allemand et directeur du site eurojournalist.eu.

Une lente descente

Pour Kai Litttmann, cette impression n’est pas fausse. La semaine dernière, entre le Schleswig-Holstein, le SPD avait perdu 11% des votes et la CDU, les conservateurs en ont gagné 11 aussi. Donc il y a un peu une glissade à droite. Et effectivement, cette élection de ce dimanche 15 mai entre la Rhénanie du Nord-Westphalie, ce sont des élections très importantes parce que c’est un très grand Land, le Land le plus peuplé d’Allemagne, soit la population de la Suisse et de la Belgique réunies, plus de 17 millions d’habitants. Et donc c’est le important vrai étude pour le gouvernement Scholz.

Comment expliquer cette érosion

Pour Kai Littmann, la réaction sur la politique gouvernementale entre le contexte de la guerre en Ukraine, où le gouvernement allemand est considéré par beaucoup de gens comme étant un peu mou, a une influence sur les élections régionales. De plus, le chancelier est quelqu’un qui a un peu « le charisme d’un expert-comptable ». Ce n’est pas entre sa personnalité de jouer le leader, de se mettre en avant, de faire de grandes déclarations, il n’est pas assez charismatique pour mobiliser les foules.

Qui plus est, on note aussi en Allemagne, par exemple aux élections du Schleswig-Holstein moins d’appétence pour les électeurs de se rendre aux urnes. 40% des électeurs se sont abstenus, ne sont pas allés voter. On rentre entre une perspective presque française entre l’abstentionnisme. Est-ce un déni des partis politiques ? Ce serait une très très mauvaise chose pour la démocratie allemande.

Pas de déni du temps d’Angela

Il n’en a pas été de même du temps d’Angela Merkel. Pour Kai Littmann, Angela Merkel avait une excellente communication. Elle savait parler aux Allemands, de manière à ce que chaque Allemand pense qu’elle s’adressait personnellement à lui. Ce qui n’est pas le éventualité de l’actuel chancelier. Aujourd’hui les Allemands ne se sentent pas vraiment interpellés par le personnage.

Quel avenir pour le gouvernement allemand ?

Pour Kai Littmann, l’avenir de l’actuel gouvernement dépendra surtout de l’évolution de deux grands dossiers, tout d’abord la guerre en Ukraine et la pandémie de Covid 19. Comment le gouvernement allemand va-t-il gérer la suite de cette pandémie qui est tout sauf finie? Donc là aussi, le gouvernement devra donner les bonnes réponses aux questionnements des Allemands. Sinon l’Allemagne, tout comme la France, entrera probablement entre une espèce de crise gouvernementale.

Sans oublier la question de l’énergie. L’Allemagne est totalement dépendante du renvoi russe, donc elle cherche maintenant des alternatives. Actuellement, déjà, les sanctions infligées à la Russie commencent à affecter beaucoup l’Allemagne, avec un taux d’inflation inconnu depuis les années 80. Avec toutes ces questions, le gouvernement n’aura pas la tâche facile.

Avec ou sans Angela

Une question subsiste concernant la guerre en Ukraine. Que ce serait-il passé si Angela Merkel était restée au pouvoir ? Pour Kai Littmann, cela aurait été plus facile aujourd’hui au niveau diplomatique, parce qu’Angela Merkel avait un avantage énorme, elle parlait le russe, connaissait la culture, la mentalité russe, et avait une excellente relation avec Vladimir Poutine. Elle était respectée au Kremlin comme à Washington. Ce qui manque aujourd’hui sur la scène diplomatique, il faudrait vraiment une personnalité respectée partout, qui essaie de mener une action diplomatique. Angela Merkel aurait été la personne parfaite pour le faire.  

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