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Pyrénées-Orientales/Législatives : rêves d’union sur fond de tensions à gauche

Au lendemain d’un scrutin présidentiel où les forces de gauche n’ont cumulé que 32 % des voix et se sont vues éliminées dès le premier tour, la fédération catalane du parti communiste réitère sa proposition de large union en vue des législatives de juin. Le premier secrétaire départemental du PS s’y déclare favorable. Mais les insoumis ont décidé de décliner « dans un premier temps » l’invitation. Alors que les écologistes font état de sérieux doutes.  

Comment faire en sorte que la gauche, sortie encore amoindrie de ce premier tour de la présidentielle, continue à peser sur la vie politique française ? La fédération catalane du Parti communiste pense avoir la solution. Depuis près d’un an, elle plaide en faveur d’un accord entre les forces de gauche en vue des législatives. Objectif : parvenir à présenter une candidature commune sur chacune des quatre circonscriptions des Pyrénées-Orientales. En alternant les couleurs politiques afin que les quatre principaux partis de gauche (PS, PC, France insoumise et EELV) aient chacun un candidat en lice dans le département.

« Pour parvenir à un accord, nous partirions sur des lignes communes, sur quelques grands axes à défendre (pouvoir d’achat, etc.), explique le vice-président communiste du conseil départemental, Nicolas Garcia. Si on se concentre sur ce qui nous divise et qu’on ne parvient pas à réaliser cette union, les Pyrénées-Orientales auront uniquement des députés macronistes et lepénistes. » 

Pas de « tambouille localiste » pour les insoumis

Pour l’heure, ce discours peine à convaincre les insoumis, dont le candidat, Jean-Luc Mélenchon, a raflé, avec ses 22 % des suffrages, plus des deux tiers des voix de gauche cumulées lors de ce premier tour de la présidentielle. « Nous ne répondrons pas à l’invitation du parti communiste dans un premier temps, indique Francis Daspe, l’animateur local de la France insoumise/Union populaire. Les législatives sont une élection nationale. Il faut d’abord discuter au niveau national et voir si l’on peut rapprocher les programmes. On ne fera pas de tambouille localiste. La proposition de la fédération catalane du PC me fait sourire. Chaque parti prendrait une circonscription… Ceux qui ont fait 22 % en prendraient une, comme ceux qui ont fait 2 %. Ce n’est pas sérieux ! »

Autre facteur de désunion : la tension entre insoumis et socialistes semble à son comble. « Comment faire alliance avec le PS ? Delga a dit que pour les législatives, ils feraient des alliances sans nous. Le débat est tranché, estime Francis Daspe. De plus, Hidalgo n’a pas fait un seul meeting sans taper sur Mélenchon… »

Les écologistes sceptiques

Les écologistes catalans accueillent pour leur part la proposition du PC avec circonspection. « Toutes les idées sont les bienvenues, mais ça va demander de la réflexion et de la modestie de la part de chacun, souligne le secrétaire départemental d’EELV, Nicolas Berjoan. Construire dans la diversité, c’est aussi accepter la diversité. Or, le PS prétend à une refondation de la gauche sur une base qui semble hostile à la FI. Quant au PC, il professe toujours l’union, mais protège souvent ses intérêts en premier lieu. Par ailleurs, il est difficile d’engager des regroupements quand des divergences fortes existent, comme c’est le cas entre le PC, le PS, EELV et la FI. »

De leur côté, les socialistes des Pyrénées-Orientales doivent se réunir cette semaine pour faire le point sur la situation. Mais le premier secrétaire de la fédé, Alexandre Reynal, se déclare d’ores et déjà favorable à l’union de la gauche à titre personnel : « Je pense que pour peser lors des législatives, il faut que nous trouvions une plateforme commune et que nous arrêtions de nous tirer dans les pattes. Même si le dialogue avec la France insoumise est difficile, je ne les considère pas comme des ennemis. » 

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