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ouvriers ou retraités, à Hayange, les électeurs qui « galèrent » hésitent à aller voter

Jusqu’à la fin de la campagne pour le premier tour de l’élection présidentielle 2022, franceinfo vous donne la parole : du lundi 4 au vendredi 8 avril, nous écoutons vos attentes, vos intentions de vote, vos espoirs ou vos frustrations. Étape du jour : Verdun, dans la Meuse.

Juste à l’entrée d’Hayange (Moselle), la grande usine sidérurgique Saarstahlce emploie plus de 400 salariés. C’est seul site de production de rails en France. Nicolas, 35, ans, termine sa journée. À trois jours du premier tour de la présidentielle, il dit avoir l’intention d’aller voter : « Je ne sais pas trop encore qui. Peut-être que je voterai blanc. » Dans cette cité ouvrière de 16 000 habitants, l’abstention avait atteint plus de 33 % au deuxième tour en 2017.

>>Présidentielle 2022 : vote blanc, de conviction ou pour « faire barrage »… À Verdun, chacun a une bonne raison de voter

Qu’espère Nicolas, cinq ans plus tard ? « Déjà plus de pouvoir d’achat, nous, les pauvres Français qui galérons. J’ai deux enfants, une femme, à deux salaires, on ne s’en sort pas, on est tout le temps dans le rouge. Mais c’est important de voter. On ne peut pas, après ramener sa fraise, dire ‘Ah, ce président, il fait nimp' » Le vote d’adhésion, Nicolas n’y croit plus.

Dans un bar proche de l’usine, une habitante d’Hayange, les traits tirés, préfère rester anonyme. Mais elle confie qu’à 65 ans elle travaille « encore » comme femme de ménage chez des particuliers : « J’ai une partie de RSA parce que je ne travaille pas tous les jours, et l’APL [aide personnalisée au logement] mais c’est tout. Avec les aides, j’ai 600 euros et quelques, même pas 650 euros par mois. Comme il y a des années où j’ai loupé, je n’ai pas ma retraite pleine, j’aurais le minimum. Donc, il faut que je travaille encore, peut-être 67 ans. »

« La tête, ça va, mais le corps, à un moment donné, il ne suit plus », poursuit la sexagénaire qui souffre notamment d’arthrose. L’allongement du départ à la retraite à 65 ans, comme le proposent Emmanuel Macron et Valérie Pécresse, l’inquiète.

« Si nous, ils nous font travailler jusqu’à 67 ans, les jeunes, ils n’ont déjà pas de boulot, ils n’en trouveront plus. » 

Une habitante d’Hayange

à franceinfo

Cette femme de ménage n’est pas sûre de se déplacer au bureau de vote dimanche 10 avril : « Peut être le deuxième tour ? Je ne sais pas. Je suis dégoûtée de la politique. Je ne peux plus, là ». Et si elle pouvait s’adresser directement aux candidats et candidates, que leur demanderait-elle ? « Qu’ils nous donnent déjà un Smic correct », répond-elle, sans hésiter cette fois.

Parle-t-on beaucoup politique dans ce bar ?  « Non, parce qu’on se fâche. C’est des sujets à ne pas parler », répond Michel, le patron, qui assure avoir l’intention d’aller voter.

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