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Marine Le Pen et l’enjeu du vote féminin

Les femmes représentent 52% de l’électorat. Au premier tour, 29% d’entre elles ont voté pour Emmanuel Macron, selon l’étude menée par notre partenaire Ipsos-Stopra Steria. 24% ont glissé un bulletin Marine Le Pen, quand 20% faisaient le choix de Jean-Luc Mélenchon. « C’est elles qui nous ont sauvées face à Éric Zemmour », fait valoir un membre de l’équipe Le Pen, qui considère que c’est cet électorat qui a permis à la candidate du Rassemblement national de ne pas sombrer dans les sondages au moment de la percée de l’ancien polémiste à l’automne dernier.

Les femmes sont un enjeu majeur de cet entre-deux tours. « Pour l’instant, on est distancé par Emmanuel Macron parce qu’on n’a pas l’électorat féminin », confie un conseiller. D’où les messages, nombreux, que Marine Le Pen compte leur adresser d’ici vendredi prochain, la fin de la campagne officielle.

L’offensive a commencé dès jeudi 14 avril, au meeting d’Avignon, avec cinq passages du discours directement adressés aux femmes. La première fois quand elle évoque « la poussée de l’obscurantisme qui les opprime. » Plus loin, quand elle parle « d’aider une mère célibataire ou une femme victime de violences conjugales. » Dans le même discours sont mentionnées les « mères (qui) tremblent pour leurs enfants » et « les femmes harcelées dans l’espace public. » « Se préoccuper de la vie concrète de non compatriotes, c’est aussi cela être président de la République », lance Marine Le Pen à la tribune.

« Et j’ose même penser, poursuit-elle, que le fait d’être une femme est sur ce point un atout. » L’espoir de son équipe : un vote de sororité, des électrices qui se disent : « Allez, cette fois c’est au tour d’une femme d’être élue. »

En 2017, les femmes avaient massivement voté pour Emmanuel Macron au second tour : 68%, contre 32% pour Marine Le Pen. Pour autant, les signaux envoyés par cette dernière risquent de ne pas suffire. Parce qu’à en croire l’équipe de Marine Le Pen, qui a épluché tout ce qui pouvait exister comme études sur ce vote, les questions de genre importent moins aux électrices que la crédibilité du candidat ou de la candidate. « Les électrices sont plus exigeantes sur les qualités et la capacité réelle à gouverner », affirme un membre de l’équipe de campagne. « Ce qui fait qu’elles sont souvent plus favorables que les hommes au pouvoir sortant. »

Donc pour les convaincre, Marine Le Pen compte aussi sur la présidentialité qui peut se dégager de sa prestation lors du débat, mercredi prochain. Confidence d’un conseiller : « Elle aura réussi si les femmes se disent : j’ai bien compris son projet, et elle a les qualités pour diriger le pays. »

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