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ce que la dynamique de Marine Le Pen dans les sondages dit de ses chances de l’emporter

A six jours du premier tour, l’écart se resserre dans les sondages et le patron des députés marcheurs, Christophe Castaner, comme l’ancien Premier ministre, Edouard Philippe, sonnent l’alarme : Marine Le Pen peut gagner la présidentielle disent-ils. Toutes les enquêtes des instituts de sondage vont dans le même sens. Dans la dernière livraison du baromètre Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo et Le Parisien-Aujourd’hui en France, Marine Le Pen atteint 21% au premier tour, contre 26% pour Emmanuel Macron. Elle a gagné 5 points en deux semaines et le chef de l’Etat en a perdu autant. En matière de sondage, ce qui compte c’est la dynamique. Si on prolonge les courbes, la candidate d’extrême droite débouchera en tête du premier tour dimanche. Quant au second tour, elle n’a plus que six points de retard, 47% contre 53%, au lieu de 20.

Comment expliquer une telle progression ? D’abord les outrances, la brutalité d’Eric Zemmour ont permis à Marine Le Pen de se grimer en candidate plus apaisée, plus fréquentable. Son programme n’a pas changé : suppression du droit du sol, instauration d’une sorte d’apartheid social, la « préférence nationale », privant les étrangers de prestations sociales, d’emplois et de logements, dénonciation des traités européens –ce qui équivaut à sortir de l’UE– et tout un arsenal d’autres mesures anticonstitutionnelles et anti-républicaines. Mais Marine Le Pen a masqué tout ça en mettant en scène son amour des chats et en ne parlant que de la hausse des prix du carburant…

Et puis ses adversaires ont concentré leurs flèches sur le chef de l’Etat et le « tous contre Macron » a accouché d’un « personne contre Le Pen ».

Enfin, il y a le miracle russe. Là aussi, Eric Zemmour lui a servi de paratonnerre. Le polémiste a dégringolé dans les sondages, alors que Marine Le Pen, largement aussi poutinophile, est passée entre les gouttes. Son programme prône une alliance privilégiée avec la Russie de Poutine, elle est toujours liée financièrement à une banque russe proche du Kremlin, mais elle a mené une opération de camouflage en ne parlant plus que du pouvoir d’achat.

Qu’est ce qui peut la faire perdre ? Elle demeure l’outsider bien sûr, mais pour la première fois, elle disposera de réserves de voix avec le soutien attendu d’Eric Zemmour. Le souci, c’est ce que ce coup de main pourrait aussi plomber sa stratégie de « normalisation ». Rappelons qu’elle a dénoncé les « nazis » qui entourent, selon elle, Eric Zemmour et des « nazis », comme renforts, ça fait un peu tâche. Cela pourrait peut-être contribuer à ressusciter le front républicain mis à mal par une partie de la droite comme par Jean-Luc Mélenchon. Rappelons qu’en 2002, comme en 2017, et jusqu’aux élections régionales de l’an dernier, le front républicain a toujours empêché l’extrême droite d’accéder au pouvoir. Jusqu’ici.

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