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À Montolieu, la dernière expo Cérès Franco avant deux ans de travaux

Une touche d’élégance italienne, dix artistes invités pour « répondre à une sélection d’œuvres de la collection ». Féminin Plurielles est pour le visiteur, la plus aboutie des expositions de Montolieu. 

L’idée a été soufflée par Dominique Polad-Hardouin à la curatrice italienne Michela Allessandrini : monter une exposition autour des femmes, ces femmes qui constituent un quart des artistes collectionnés par la galeriste Cérès Franco. Ce qu’a réalisé l’Italienne, qui porte sur ses épaules l’ensemble de l’héritage artistique de deux femmes, mère et fille, qui ont fait ce lieu et qui l’ont porté jusqu’aux portes de la renommée internationale, est une vraie réussite. On y retrouve l’esprit iconoclaste de Cérès Franco, qui proposait en 1965 une exposition libertaire et insurrectionnelle sous la dictature militaire au Brésil.

D’entrée, le catalogue d’exposition glissé dans les mains des visiteurs se dénote des précédents. Il y a eu un vrai travail sur la qualité, on le doit à la conception graphique de Cécilia Grana, qui s’inspire des codes graphiques des grands musées. Puis il y a ces drapeaux dans la salle principale  ou plutôt cette superposition de drapeaux nationaux, qui refond un monde de nations imaginaires (39 nationalités sont représentées dans la collection Cérès Franco), prêté par une galerie milanaise, l’œuvre d’une artiste coréenne. Les artistes, dégotés par Michela Allesandrini aux quatre coins du monde artistique provoquent d’une génération à l’autre les œuvres longtemps enfouies de la collection Cérès-Franco. Comme cette affiche iconoclaste d’un collectif féministe de Manhattan, les Guerrilla Girls, une lettre à un collectionneur homme, portant à son attention le fait qu’aucune œuvre de femme figure dans sa collection, et « qu’il remédiera certainement à cela ».

« L’objectif était de créer un rapprochement entre des œuvres de la collection et des intervenants extérieurs, de différentes époques, et tout cela autour d’une question qui est d’essayer de comprendre ce qui fait le féminin, ce que c’est que d’être femme » explique la curatrice de Féminin Plurielles : « Ça parle de beaucoup de choses, du féminin, du genre, des pluriels du féminin, sans que les définitions ne soient à toujours figées ».

L’exposition parle aussi de Montolieu : « Ayant grandi dans un milieu rural similaire à celui que je retrouve à Montolieu, et dans lequel Cérès a elle-même grandi pour s’en échapper aussi tôt que possible, je me retrouve à contempler le caractère unique de la possibilité qui m’est offerte de réaliser une telle exposition loin des grandes villes, qui ont pris les distances des symboles et des forces organiques qui sont toujours bien vivantes et en action à la campagne… » écrit Michela Allessandrini dans un fascicule rédigé en novembre denier à New York. 

Féminin Plurielles, jusqu’au 30 octobre (le musée fermera deux ans pour travaux par la suite). Du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h – Ouverture exceptionnelle les jours fériés, y compris les lundis.

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