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« Si on ne vote pas pour un bon président, c’est nous qui allons ramasser ! »

Direction le quartier La Chapelle à Andrézieux Bouthéon, une petite ville située à une dizaine de kilomètres de Saint-Etienne (Loire). Aïcha, Slimane, Malik et Zaïnoudine ont entre 18 et 21 ans et sont animateurs au centre socio-culturel Le Nelumbo. Ils ne sont pas tous certains d’aller voter à l’élection présidentielle. Souvent caricaturés, ils aimeraient que la façon dont on parle des « jeunes de banlieue » change. 

Parce qu’ils vivent dans un quartier populaire, Aïcha, Slimane, Zaïnoudine et Malik ont tous l’impression d’être à un moment victimes de préjugés. Slimane, 20 ans, est né en Algérie. « On entend parfois dire qu’on n’est pas des très bons jeunes…Si on apprend à nous connaître, on comprend tout de suite que c’est l’inverse. Ca serait peut-être ça le gros point à améliorer dans la société. »

Même constat pour Zaïnoudine, 21 ans, né à Mayotte. « D’apparence, je vois qu’on me met à l’écart. Quand on voit le travail que je fournis, les rapports changent. C’est la société d’aujourd’hui qui fait qu’on en est là. »

Côté politique, le bilan est mitigé. Si ils reconnaissent tous l’importance du vote et de la politique, ils ne sont pas tous certains d’aller voter au mois d’avril. Slimane, 20 ans, avoue ne pas s’intéresser à la politique. « Il n’y a rien qui me donne envie de m’y intéresser », dit Slimane. « Je ne vote pas malheureusement, alors que le vote c’est quand même important », concède-t-il paradoxalement. « Pour que je puisse réagir, il faudrait vraiment qu’il y ait une mauvaise personne qui soit élue », explique le jeune animateur. « Là, peut-être que je réagirais vraiment. »

« Je n’ai jamais vraiment prêté attention à ce monde-là. »

Née en Italie et arrivée en France il y a peu, Aïcha, 21 ans, ne peut pas encore voter car elle est en train de demander sa nationalité française. « Je ne vote pas encore mais je sais que c’est très important pour notre futur et pour donner notre avis. Sinon on ne peut pas se plaindre… »

Si c’est l’abstention qui domine dans les quartiers populaires, la gauche perd du terrain, d’après un sondage réalisé par l’IFOP en janvier dernier. D’après l’enquête, seul un habitant sur trois des quartiers populaires s’apprêterait à voter pour un candidat de gauche.

Malik veut voter. « Je compte voter. Si on ne vote pas pour un bon président c’est nous qui allons ramasser ». Le jeune de 18 ans en service civique avoue ne pas s’intéresser à la politique mais il essaye de faire des efforts. « J’écoute ce qui passe à la télévision. »

« Il y a beaucoup de candidats qui sont contre la mixité. »

Zaïnoudine, 21 ans, sait déjà pour qui il va voter. « Ça sera pour Jean-Luc Mélenchon », dit-il en cherchant son nom. « Il a de bonnes idées. Ça serait bien qu’il soit élu. » 

Si ils avaient une chose à demander aux politiques ça serait de « ne pas juger » pour Slimane, « que tout le monde soit égaux » pour Malik, « que tout le monde puisse réussir quoi qu’il arrive » pour Aïcha. Zaïnoudine voudrait pouvoir « garder cette mixité et ce sens du partage que malheureusement certaines personnes veulent faire disparaître. »

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