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Pyrénées-Orientales : l’économie locale subit des conséquences indirectes du conflit entre la Russie et l’Ukraine

Bruno Le Maire le ministre de l’Économie doit présenter la semaine qui arrive son « plan de résilience économique et social ». Ces mesures sont destinées à protéger le pays des conséquences économiques en lien avec le conflit entre la Russie et l’Ukraine. Les industriels et les artisans locaux, comme dans tout le pays, sont en première ligne face aux risques de pénuries de certaines matières premières comme l’acier, élément indispensable dans la construction. « On va vers un arrêt sur image dans quelques semaines », martèle Jean-Jacques Planes le vice-président de la CPME départementale qui provoquait ce mercredi une réunion de crise avec des entreprises départementales où était également invité Thibault Félix le sous-préfet à la relance. « D’ici fin avril, poursuit l’industriel cérétan, les stocks d’acier chez nos fournisseurs seront épuisés. Et là tout risque de vaciller si rien n’est fait ». Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les coûts de l’énergie flambent. Un cocktail de plus en plus explosif sur lequel semblent aussi surfer avec gourmandise les spéculateurs.

C’est en urgence que la CPME (la Confédération des petites et moyennes entreprises) et l’OUÏMES (Union des industries et métiers de la métallurgie) réunissaient mercredi dernier les entreprises départementales grosses utilisatrices d’acier. L’heure est grave. La filière locale interpelle Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie.

Les chiffres sont impressionnants. La hausse des prix de l’acier suit une courbe jamais connue par la profession. En avril 2021 la tonne se négociait à 1 200 euros, 1 450 en mai, 1 650 actuellement. Pour l’inox et l’aluminium l’envolée est considérable, la tonne est passée de 4 200 euros, en mai dernier, à 6 600 euros, en moyenne, actuellement. La pandémie, durant deux ans, la reprise qui s’annonçait et la guerre entre la Russie et l’Ukraine ont été autant d’éléments pour cette flambée des prix.

Éviter à tout prix les dépôts de bilan en cascade

« Aujourd’hui, confie un grossiste en acier, on n’en est même plus à dénoncer les prix prohibitifs de cette matière première, la cote de l’acier a toujours été fluctuante, on le sait. On est devant un autre gros problème, l’approvisionnement. »

Les sanctions économiques envers la Russie et la tension en Europe de l’Est provoquent une raréfaction drastique de la matière. Conséquence ? Le bâtiment et les travaux publics, gros consommateurs d’acier, vont progressivement devoir ralentir leurs chantiers. Entraînant par cascade l’arrêt provisoire des corps d’états secondaires (plomberie, électricité, huisserie…) « Actuellement, constate Julien Saloum de l’OUÏMES, nous essayons tous de trouver des solutions, à droite à gauche, pour tirer le meilleur prix chez nos fournisseurs. Demain, si les stocks sont à sec, ce sera un autre gros très gros problème. Tout le monde ne sera pas servi, les stocks seront réservés pour des marchés forts, comme l’automobile ou l’aéronautique. Nous, artisans, petits industriels, on va être pénalisés sur la quantité de matériel disponible. C’est une crainte générale. »

Le ministre de l’Économie interpellé par les Catalans

Voilà bien la problématique. « Les stocks chez nos fournisseurs s’amoindrissent, assure Jean-Jacques Planes le vice-président de la CPME départementale, il y va de l’avenir de nos entreprises. Si rien n’est fait, ce qui devrait être le cas d’ici quelques semaines, un peu plus d’un mois au maximum nous serons dans le mur. C’est pourquoi nous, entreprises du pays catalan, alertons Bruno Le Maire. Nous espérons que cela fera boule de neige et que tous les secteurs d’activité du pays prennent le relais. Mon expérience du monde syndical m’a appris que c’est la base qui peut faire bouger le haut de la pyramide. »

Le manifeste qui a été adressé au ministère par le truchement de Thibault Félix, le sous-préfet à la relance, demande au gouvernement la création d’une cellule économique regroupant les banques, les organisations patronales, le tout sous l’égide de la Banque de France pour gérer les difficultés en amont. Autres demandes, le gel des prix de l’énergie, la mise en place du chômage partiel et d’aides aux entreprises si un coup d’arrêt brutal de l’économie devait être constaté, sans oublier le report des remboursements des Prêts garantis par l’État accordés aux entreprises qui en avaient fait la demande. « Le but, poursuit Jean-Jacques Planes, est d’éviter, à tout prix, les dépôts de bilan en cascade avec toutes les conséquences désastreuses pour notre économie et l’emploi. Et comme de gros nuages noirs arrivent il faut bouger. »

D’autres filières d’approvisionnement

Le patron de la société Seram, Joachim Sémis, qui traite entre 240 et 290 tonnes de tôles mensuellement pour la construction des grues, se voulait rassurant. « J’ai de quoi travailler jusqu’à la rentrée, j’ai du stock, explique le patron. Mais aujourd’hui j’anticipe. Je sais, comme vous, que l’Ukraine ne pourra pas livrer avant octobre au plus tôt. Aujourd’hui, j’ai demandé à mes agents en Turquie et en Inde de trouver de l’acier et aussi des laminoirs. Pour les ronds à béton, c’est plutôt vers le Maroc que je me dirige, là-bas il y en a en quantité. Après, il faut remplir les bateaux… »

Les prix de l’énergie aussi

Outre les prix devenus délirants et la pénurie annoncée sur le marché de l’acier, l’autre gros problème est celui de l’envol des coûts énergétiques. Là encore le bâtiment va souffrir.

En Espagne et en Italie, de plus en plus de céramistes ont arrêté momentanément leurs fours, les briqueteries en Occitanie sont sur le même mouvement. Dans les deux cas il y a du stock, mais qui va forcément s’amenuiser progressivement.

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