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Présidentielle 2022 – Tournée de L’Indépendant à Espéraza : des charmes de la campagne à la difficulté d’y vivre

Ce mardi 8 mars, au Café du Pont et sur la place de la République à Esperaza, les habitants de cette petite commune de 2 000 âmes font part de leurs expériences et attentes, sur le thème de la ruralité. Enclavement, manque d’accès aux services publics, mais aussi douceur de vivre, ils racontent.

Il est dix heures du matin, à Espéraza. L’heure pour les habitués du café du Pont, de venir boire un café et refaire le monde.

Parmi eux, Nicole, qui vit dans ce village de la Haute-Vallée de l’Aude depuis 42 ans : « Les gens ici sont agréables à vivre, il y a des restaurants qui se sont ouverts, ça reste dynamique. Et puis il y a le soleil ».

Une douceur de vivre qui conduit de nouveaux venus à s’installer. C’est ce que constate Denis, agent immobilier, lui-même revenu vivre à Espéraza il y a une paire d’années : « Il y a eu un temps où la ruralité était peut-être perçue comme le désert, où on venait se terrer. Depuis quelques années, je suis revenu, je m’aperçois que pas du tout, il y a beaucoup de vie, les gens sont contents de revenir à la campagne. »

Manque de services publics

Yolande, qui tient l’Amaranthe, épicerie associative sur la place de la République, est également membre de la commission d’agrément Nature et Progrès : « Je constate qu’il y a de plus en plus de jeunes qui s’installent et qui font de la bio. Quand je me suis installée ici en 1999, j’avais déjà remarqué, qu’il y avait une sensibilité bio plus développée ».

Mais la vie en campagne, c’est aussi la difficulté à accéder à certains services publics, « on est obligé de se déplacer pour aller au centre des impôts. L’an dernier, on s’est battu pour garder une classe », raconte Véronique.
Les services de santé sont aussi éloignés : « L’hôpital est à 45 minutes », note Denis. Et même si une maison de pluridisciplinaire de santé s’est implantée à Espéraza en 2018, l’accès aux soins reste compliqué : « C’est de plus en plus difficile de prendre des rendez-vous chez les toubibs. Ils sont en sous-effectif », ajoute Gérard.

Et avec une population vieillissante, Véronique, elle, aimerait plus de services pour les seniors : « C’est un petit bourg de personnes âgées. Ce serait bien qu’il y ait un minibus pour assurer les nécessités de la vie ».

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Le point de vue de Michel, un Anglais

« Je vis depuis 30 ans en France, mais je ne peux pas voter. Et vu que je ne suis plus au Royaume-Uni depuis plus de quinze ans, je ne peux pas voter là-bas non plus », explique Michael, qu’il a francisé en Michel, 76 ans, citoyen britannique installé à Espéraza depuis 13 ans.

Quand il est arrivé dans le Sud, Michel s’est parfois heurté au manque de dynamisme de certains villages : « Il n’y avait pas de boulangeries ou de cafés », explique-t-il. Une problématique qu’il n’a pas rencontrée à Espéraza, puisqu’on y compte plusieurs banques, trois cafés, et même « 5 coiffeurs ! », s’exclame-t-il en riant.

« J’habite de l’autre côté du chemin de fer, mais on peut tout faire à pied et se rendre dans les magasins pour acheter tout ce dont on a besoin », conclut-il.

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