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Perpignan : après 257 000 injections anti-Covid opérées depuis le 9 avril dernier, le vaccinodrome ferme définitivement ce samedi

Installé au Satellite du palais des expositions de Perpignan puis déménagé au Carré d’or de Château Roussillon où il a occupé un premier local avant de changer pour un espace plus grand, le vaccinodrome dirigé par le docteur Jean-Louis Bolte s’apprête à mettre la clé sous la porte. Dernière séance de vaccination, ce samedi 5 mars de 9 h à 14 heures.  

Un an de pleine activité et puis s’en va. Malgré la pugnacité du Covid à répandre depuis deux années ses nouveaux variants au hasard des pays et au gré des saisons, la mission du centre de vaccination de masse de Perpignan s’achèvera définitivement en fin de semaine. Plus généralement, les vaccinodromes des Pyrénées-Orientales comme de l’ensemble de l’Hegaxone devront avoir baissé le rideau avant le 1er avril prochain. « Les gens sont majoritairement vaccinés, il reste les éternels récalcitrants antivax mais qui ne franchiront jamais le pas », diagnostique le docteur Bolte. 

De toute façon, que les réfractaires et les autres se rassurent. Non seulement les sites de Toulouges et de Claira entre autres resteront encore ouverts quelque temps mais surtout la médecine de ville prend le relais. Praticiens généralistes, pharmaciens, infirmiers, sages-femmes… les professionnels de santé continueront à piquer.

« Dans cette crise sanitaire qui nous a amenés à ouvrir treize centres de vaccination au plus fort de la crise dans tout le département, ce vaccinodrome qui s’est déplacé à trois reprises depuis sa création le 9 avril dernier restera une super aventure, une très belle expérience d’intérêt général dans le sens où l’on a réussi à mixer des soignants de tous bords, sapeurs-pompiers, médecins, infirmiers, sages-femmes et même une vétérinaire, qui ont répondu présent, mobilisés du début jusqu’à la fin, y compris en plein été pendant les vacances », se félicite le responsable, avec un pincement au cœur. Ce mardi 1er mars, seuls une quarantaine de candidats sont inscrits pour recevoir une dose, parfois un premier antidote contre le coronavirus. Le docteur Jean-Louis Bolte est bien loin des pics enregistrés à 2 100 injections le jeudi de l’Ascencion au palais des expositions, ou encore le 14 juillet, jour où la foule s’était agglutinée aux portes du vaccinodrome éphémère monté dans le hall de la gare historique de Perpignan avant d’être chahutée par une bruyante manifestation d’antivax. 

 

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120 000 doses également injectées à Saint-Cyprien et Argelès

« On avait démarré très fort dès le 9 avril 2021 où quatre-vingts professionnels de santé se relayaient par équipe de quarante par demi-journées », s’enthousiasme le praticien parvenu à motiver sur toute la période un total de cinq cents effectifs, sans la moindre démission. Pour un volume global de 257 000 injections réalisées en dix mois sur son seul site déplacé du Satellite au Carré d’Or. « À Château Roussillon, l’obligation du Moderna pour les adultes nous a freinés un temps puis les gens s’y sont rapidement faits, ils ont oublié le Pzifer qui est réservé aux enfants et aux adolescents », constate le docteur Bolte qui a noté une vitesse de croisière de 1 800 doses durant les précédentes vagues jusqu’à descendre à une moyenne de 800 dans le premier point d’accueil du Carré d’Or et 400 dans le second prévu pour piquer trois fois plus de monde.   

Seringues, pansements, blouses et autre matériel médical du vaccinodrome envoyés en Ukraine

Des chiffres qui ne prennent pas en compte les vaccinations opérées dans les autres centres de vaccination dont Saint-Cyprien et Argelès qui ont par exemple cumulé 120 000 doses dans un délai identique. « Si la vaccination avait été rendue obligatoire dès le début, on serait blindé, ce qui n’est pas le cas », estime pour autant le professionnel considérant la future levée du pass vaccinal comme une « véritable aberration. J’aimerais pouvoir dire que le Covid est derrière nous mais ce n’est pas le cas. On a encore eu trois décès la nuit dernière à l’hôpital de Perpignan et si l’accalmie par ailleurs se confirme, on peut craindre le retour du virus à l’automne prochain quand l’hémisphère Sud passera en été et nous en approche de l’hiver », redoute Jean-Louis Bolte, pensant aussi à l’échec de la vaccination pédiatrique. « On a dû avoir quatre cents enfants de 5 à 12 ans au maximum » regrette-t-il, en comparant avec Font-Romeu où la demande de rendez-vous pour les petits est « énorme. Aucun territoire n’est identique », résume le directeur du vaccinodrome perpignanais qui commence, avec ses personnels, à démonter le centre.

Dès ce week-end, les tentes seront rendues à la Croix-Rouge qui les avait prêtées, le mobilier et l’informatique à la ville de Perpignan. Quant au matériel médical, « on fait le tri pour envoyer en Ukraine toutes les seringues, les blouses et les pansements vierges restants », prévoit Jean-Louis Bolte, solidaire avec ses confrères des hôpitaux de guerre.

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