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Emmanuel Macron piégé par les temps de parole

Depuis lundi, nous sommes entrés dans la période d’égalité stricte du temps de parole accordés aux douze candidats de la course à la présidentielle. Jusqu’au 8 avril à minuit, fin de la campagne officielle, une minute accordée à Emmanuel Macron doit se traduire par une minute accordée à chacun de ses onze concurrents. Or, samedi, se tient le seul meeting d’Emmanuel Macron avant le premier tour. Ses équipes ont vu grand : elles ont loué la plus grande salle de spectacle d’Europe, la Défense Arena. Capacité : 40 000 personnes.

Le hic, c’est que le discours du candidat ne sera sans doute pas diffusé par les radio et les télévisions. Car si Emmanuel Macron parle 1h30 samedi, alors il faut trouver 16h30 d’antenne à allouer aux discours de tous les autres candidats. C’est logistiquement très compliqué. Donc le discours d’Emmanuel Macron passe à la trappe. Et ses soutiens ne l’avaient pas forcément anticipé.

« Initialement, il devait y avoir plus de grands débats », explique un membre du premier cercle, plus de rencontres avec des Français comme celle du 7 mars dans les Yvelines. « Et l’idée était d’avoir des propositions qui arrivent au fur et à mesure », de tester des idées, les réexpliquer si elles avaient été mal comprises. « Mais tout a été percuté par l’international » et l’Ukraine. Donc Emmanuel Macron se consacre véritablement à sa campagne au moment où les règles de temps de parole lui sont le plus défavorables.

« Tout ça, c’est grâce aux deux génies », ironise un poids lourd, en parlant d’Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée, et de Clément Léonarduzzi, qui a la main sur la communication macronienne. Ça grince de plus en plus en coulisses contre ce duo, accusé d’avoir verrouillé l’accès au président candidat. De tout décider tous seuls sans consulter. « D’où cette campagne trop maîtrisée, sans peps », lâche un ministre. Et inaudible, concèdent les soutiens du chef de l’État.

Dans cette dernière ligne droite, les équipes d’Emmanuel Macron misent plus que jamais sur les réseaux sociaux, notamment pour samedi, faisant valoir que les médias diffuseront le discours sur leurs sites Internet et sur les plateformes. Là encore, un écueil n’a pas été anticipé : la décision de la CNCCEP, la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale.

Il y a trois semaines, elle a informé les équipes du président qu’il n’avait pas le droit d’utiliser ses comptes Twitter et Facebook pour sa campagne. L’explication : ces comptes ont été gérés pendant cinq ans par l’Élysée, avec de l’argent public, qui leur a permis d’acquérir des abonnés, huit millions sur Twitter, 4,3 millions sur Facebook. Les équipes d’Emmanuel Macron jugent « inadmissible » de ne pas pouvoir utiliser ces supports pour le meeting de samedi.

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