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comment est décompté le temps de parole d’Emmanuel Macron, à la fois président et candidat ?

Il souhaite rester cinq ans de plus à l’Elysée. Emmanuel Macron a annoncé sa candidature à sa réélection, sur le tard, le 3 mars, dans une lettre aux Français. Le président de la République endosse donc les habits de candidat tout en restant jusqu’au dernier jour le chef de l’Etat. Une double casquette qui interroge sur la façon dont est comptabilisé son temps de parole à la télévision et à la radio. 

Depuis le 1er janvier et jusqu’aux scrutins des 10 et 24 avril s’appliquent des règles spécifiques. En plus du « temps de parole », que les télés et les radios doivent décompter, apparaît le « temps d’antenne », une notion uniquement utilisée pour la présidentielle. Cette notion englobe non seulement la parole du candidat, mais aussi tout ce qu’il y a autour, par exemple la description par un journaliste d’un meeting.

Du 1er janvier au 27 mars, le « principe d’équité » du temps de parole et du temps d’antenne doit être respecté, selon le poids politique de chacun. A partir du 8 mars, date à laquelle les candidatures officielles ont été rendues publiques, ce « principe d’équité » est renforcé par la mention de « conditions de programmation comparable ». L’Arcom (ex-CSA) recommande que chaque candidat et ses soutiens aient accès aux quatre tranches horaires (matin, journée, soirée, nuit) de manière équitable. Ainsi, une chaîne ne pourra pas passer seulement la nuit des meetings d’un candidat avec lequel elle a peu d’affinité ou qu’elle considère comme étant un « petit » candidat.

Pendant la durée de la campagne officielle (soit les deux semaines précédant le premier tour), le principe d’équité laissera place à l’égalité stricte des temps de paroles et d’antenne accordés aux candidats et à leurs soutiens.

Ces règles servent d’ailleurs de prétexte à l’équipe d’Emmanuel Macron pour refuser un débat avant le premier tour. « Aucun président en fonction qui se représentait ne l’a fait », a justifié le président sortant. « Un débat de 120 minutes avec 110 minutes de tout sauf Macron, dans lequel il aura dix minutes pour répondre puisqu’ils sont 12 candidats, il a beau être bon, il n’aura pas le temps de répondre », assure un cadre de la campagne. 

Dans le cadre d’un débat avec les autres candidats, les choses seraient effectivement claires. Le chef d’Etat s’exprimant en tant que candidat, il serait soumis aux mêmes règles que les autres.

Mais le cas du président en campagne est plus complexe. En effet, lorsqu’il s’exprime dans le cadre de ses prérogatives régaliennes, son temps de parole n’est pas décompté. Une règle qui existe déjà en période normale mais qui continue à s’appliquer en période électorale. 

« Lorsque le président parle avec la casquette régalienne, notamment sur la guerre en Ukraine, cela n’est pas décompté. »

« Dans cette élection, on arrive à délimiter assez facilement le sujet spécifique de l’Ukraine, qui relève du régalien », confirme Cyril Guinet, directeur de la réglementation, de la déontologie et du pluralisme des antennes à France Télévisions. « Pour tout le reste, on se pose la question. Par exemple, imaginons qu’il y ait une inondation quelque part en France et qu’Emmanuel Macron dise qu’il faille revoir les plans d’occupation du sol, est-ce qu’il parle en tant que président ou candidat ? » soulève-t-il. Une équation complexe donc.

Les médias audiovisuels sont chargés de ce décompte, sous le contrôle de l’Arcom qui s’accentue au fur et à mesure que la campagne avance. Les déclarations se faisaient toutes les deux semaines durant les deux premiers mois de l’année, elles se font désormais toutes les semaines. A partir du 28 mars, les médias devront déclarer les temps de parole et le temps d’antenne tous les jours.

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