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chez Les Républicains, la tribune de la discorde

Tout part d’une initiative d’Olivier Marleix, député Les Républicains, qui adresse un texte à ses collègues en début de semaine. Le titre : « Nous ne sommes pas à vendre. » Ce projet de tribune vise alors à tordre le cou à une rumeur selon laquelle « les députés LR pourraient en grand nombre être tentés de rejoindre une coalition de gouvernement derrière Emmanuel Macron. »

« Nous voulons être clairs, déterminés, sans équivoque pour qu’aucune forme d’ambiguïté ne subsiste » prévient ce texte, que franceinfo a consulté. « Notre projet, celui de Valérie Pécresse, n’a strictement rien à voir avec celui de Macron », écrit Olivier Marleix. L’élu se montre très virulent à l’endroit d’un président « sans conviction, qui vient chercher à droite les idées qui lui manquent. » Sauf que ce texte, les Français ne le verront jamais. Parce qu’il a déclenché une tempête dans les rangs LR, une partie des députés refusant de le signer. 

Deux versions s’affrontent. Certains expliquent avoir été gênés par le fait que seul Emmanuel Macron soit évoqué, que la tribune ne rejette pas « en même temps » toute alliance avec Eric Zemmour ou Marine Le Pen. Pour Olivier Marleix et ses amis, cette gêne masque plutôt la tentation bien réelle, de certains, de passer avec armes et bagages à En Marche. Pour calmer les esprits, Damien Abad, président de groupe, propose une réécriture. « Cette tribune est faite pour défendre notre candidate et montrer notre unité derrière elle, plaide-t-il. Elle n’a de sens que si tout le monde l’a cosigne. Dans le cas inverse la seule chose retenue sera notre division et donc aucun intérêt à la publier. » 

Là encore, une partie du groupe se braque. Une tribune de soutien à Valérie Pécresse ? Ce n’est pas assez : il faut explicitement écarter tout rapprochement avec Emmanuel Macron. Damien Abad propose cette phrase : « Nous ne sommes solubles ni dans la majorité incarnée par Emmanuel Macron ni dans l’extrême droite incarnée par Madame Le Pen et Monsieur Zemmour ». Le texte est adouci, le titre – « Nous ne sommes pas à vendre » – est modifié. Et la nouvelle mouture est publiée ce jeudi matin par Le Figaro. 

A dix jours du premier tour, cette tribune ne s’adresse pas qu’aux électeurs. Un communicant de droite le confirme : le destinataire caché, c’est Nicolas Sarkozy, qui n’a toujours pas dit qu’il soutenait Valérie Pécresse. Et qui ne sera pas présent à son meeting ce week-end.

La droite soupçonne l’ancien président de préparer une initiative dans l’entre-deux tours pour offrir à Emmanuel Macron une cohabitation avec la droite. S’il le fait, Les Républicains veulent pouvoir dire : il ne représente que lui-même, puisque nos députés ont déjà écarté l’hypothèse. « Quelqu’un qui aura signé la tribune ne peut pas prétendre rejoindre les rangs macronistes dans dix jours », se félicite un élu.

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