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Ce que l’on sait des accusations d’agressions sexuelles portées par plusieurs femmes contre Eric Zemmour

Les témoignages accusant Eric Zemmour de violences sexuelles ont désormais des visages. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, mardi 8 mars, le site d’information Mediapart (réservé aux abonnés) a diffusé une enquête vidéo de 35 minutes où huit femmes mettent en cause le candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle.

Dans cette vidéo, elles témoignent de « comportements problématiques » et « d’agressions sexuelles », pour des faits présumés allant de 1999 à 2019. Deux d’entre elles n’avaient jusqu’ici jamais parlé et témoignent publiquement. Aucune n’a déposé plainte contre Eric Zemmour. Franceinfo revient sur ces accusations, qui portent sur une période où le candidat était journaliste au Figaro ou pour les chaînes iTélé et CNews.

Deux nouvelles accusations publiques

Claire, ingénieure, avait tout juste 18 ans en 2002, lors des faits qu’elle dénonce à Mediapart. Elle est alors en stage d’observation au Figaro. Un jour, Eric Zemmour l’appelle dans son bureau pour l’aider à régler un problème informatique. Selon elle, il se met à lui caresser le dos de manière répétée. « Qu’est-ce que vous faites ? » demande-t-elle, surprise. Elle rapporte cette réponse du journaliste : « Tu es stagiaire, non ? Les stagiaires, ça sert à quoi à ton avis ? »

Pascale Sauvage, journaliste politique au Figaro à l’époque et maître de stage de Claire, affirme à Mediapart avoir confronté Eric Zemmour à ses agissements. Selon elle, il aurait persisté : « Maintenant, si on ne peut plus draguer des stagiaires… Parce que les stagiaires, c’est fait pour faire des pipes et des cafés. » Pascale Sauvage explique ne pas avoir alerté la hiérarchie, pensant qu’elle n’aurait « pas été prise très au sérieux ».

Deuxième témoignage inédit : celui de Séverine, aujourd’hui âgée de 45 ans. Ancienne stagiaire au Figaro, elle assure qu’Eric Zemmour l’a embrassée de force en 1999. Alors qu’elle lui présente son mémoire sur la presse écrite, pour lequel elle l’avait contacté deux ans auparavant, il lui propose de prendre un verre. Mais dans le café, le ton change. « Sans aucune transition, il entre dans des propositions de relations sexuelles. » Elle refuse, mais « il approche son visage, pose sa main sur [sa] cuisse ». « Il est en mesure de m’aider pour ma carrière », relate-t-elle. 

De retour à la rédaction, dans l’ascenseur, Séverine raconte qu’Eric Zemmour la « prend avec ses mains, [la] bloque contre la paroi et [l]’embrasse de force sur la bouche ». A l’époque, elle se sent « salie, démunie ». Elle souhaite alerter la direction et la police, mais ses proches l’en dissuadent. « Ils m’ont fait réfléchir au fait que (…) c’était une personnalité publique, (…) que je pouvais me griller dans le métier que je voulais faire… Et je pense que malheureusement, ils avaient raison. » Aujourd’hui, Séverine est catégorique : « C’est une agression sexuelle. »

Six témoignages déjà relayés en 2021

Six des huit femmes de cette enquête vidéo avaient déjà témoigné une première fois en 2021, dans deux enquêtes de Mediapart, publiées le 29 avril et le 30 mai (articles payants).

C’est le cas de Gaëlle Lenfant, bibliothécaire et conseillère municipale d’opposition à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), qui s’était initialement exprimée sur les réseaux sociaux. Face caméra, elle rappelle qu’à la fin d’un atelier à l’université d’été du Parti socialiste à La Rochelle en 2004, Eric Zemmour l’a agressée : il « m’attrape par le cou. Me dit : ‘Cette robe te va très bien, tu sais ?’ Et m’embrasse. De force. » Le jour de la publication du premier article de Mediapart, Gaëlle Lenfant, victime de menaces de mort, a porté plainte. 

Même chose pour la journaliste belge Aurore Van Opstal, qui a publié le 27 avril 2021 un tweet, supprimé depuis, comme son compte Twitter, à la suite d’une vague de cyberharcèlement. Aurore Van Opstal a confirmé la scène dans les publications de Mediapart de 2021 et 2022. Selon son témoignage, le 18 mars 2019, lors d’une rencontre avec Eric Zemmour, ce dernier lui a « caressé le genou avec sa main », remontant « jusqu’à l’entrejambe ». 

Une journaliste, une maquilleuse, une hôtesse d’accueil ou encore une attachée de presse : quatre autres femmes avaient également parlé, sous couvert anonymat, à Mediapart en 2021. La journaliste avait par ailleurs témoigné en novembre 2021 dans l’émission « Complément d’enquête », sur France 2.

Dans l’enquête vidéo publiée hier, elles reprennent toutes la parole, toujours de manière anonyme. Elles évoquent la « peur des représailles » et celle de devoir « faire face à des accusations de calomnies (…), des agressions de ses fans… »

Eric Zemmour refuse de répondre

Eric Zemmour a refusé de répondre aux questions de Mediapart. Après son meeting politique du mardi 8 mars, à Paris, le jour de la publication, le candidat n’a pas souhaité se présenter devant la presse. « Mediapart veut faire un coup le jour de la journée de la femme en recyclant des témoignages déjà sortis l’an dernier. Minable à cinq semaines du premier tour », a réagi son entourage auprès de l’AFP.

Lors de ce meeting, Eric Zemmour s’est néanmoins exprimé sur la thématique de l’égalité femmes-hommes : « Je veux la liberté des femmes. Et je ne veux plus que les femmes françaises aient peur. (…) Je ne veux plus que nos femmes, nos sœurs et nos filles aient peur pour leur sécurité. »

Je veux la liberté des femmes. Et je ne veux plus que les femmes françaises aient peur. Je ne veux plus qu’elles aient peur de l’effondrement de leur niveau de vie. Je ne veux plus que nos femmes, nos sœurs et nos filles aient peur pour leur sécurité.#LesFrancaisesAvecZemmour pic.twitter.com/EmIzk14nOK

— Eric Zemmour (@ZemmourEric) March 8, 2022

Déjà, le 9 décembre 2021, interrogé par France 2, il avait déclaré ne pas vouloir répondre à ces accusations : « Il s’agit de ma vie privée. (…) Ces femmes-là m’accusent, sans aucune preuve, c’est parole contre parole. » 

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