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Aude : voitures sur les plages et loi Littoral, symbolique dossier d’un enjeu environnemental clivant

Un an après l’annonce par l’État de la fin des voitures audoises sur les plages, la préfecture a engagé un nouveau processus : entre neutralisation de l’accès sur une partie des plages, bande de roulement, et définition concertée d’espaces de stationnement, un numéro d’équilibriste délicat.

Faux départ pour la « fin de l’exception audoise »

Au printemps 2021, le sous-préfet de Narbonne dévoile le plan qui doit mettre fin à « l’exception audoise » à la loi Littoral. A l’horizon 2023 se profilent des plages de La Vieille Nouvelle (Gruissan), du Rouet (La Palme) et des Montilles (Port-La Nouvelle) sans plus aucune voiture. Une perspective qui, précise alors Rémi Recio, passe par une phase intermédiaire, « négociée avec tout le monde », et l’interdiction partielle engagée dès 2021, au moyen de poteaux, barrières et enrochements.

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Sauf que la démarche se heurte très vite à des oppositions. En tous genres : politique, avec la montée au créneau du député Perea ; citoyennes, entre pétitions et collectifs ; associatives, du côté des sports de glisse. Jusqu’à un « moratoire » décrété et la reprise de la concertation. Avec, le 11 mars 2022, l’annonce de plages scindées en « deux tiers, un tiers », l’ouverture de bandes de roulement, la création de poches de stationnement, et le retour des poteaux et autres rochers pour une « neutralisation de l’accès sur une partie des plages concernées ».

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La « moins mauvaise » des solutions ?

En relançant la concertation, la préfecture a cherché à satisfaire toutes les parties. Illusoire ? Secrétaire d’Ecologie du Carcassonnais, des Corbières et du Littoral audois (Eccla), Christine Roques fait contre mauvaise fortune bon cœur : « La loi Littoral est appliquée aux deux tiers. Nous mangeons notre chapeau, même si on comprend que tout ne peut pas être fait tout de suite. » Et les questions demeurent : à court terme, sur ces poches de stationnement, déléguées aux communes, et pour lesquelles l’association promet sa « vigilance ». Sur les bandes de roulement : « Il y a un vrai flou artistique, est-ce qu’on parle de provisoire ou de solutions pérennes ? » Nouvelle question posée dans un dossier complexe : « On sait que les us et coutumes pèsent. Mais avec la volonté d’amener toujours plus de monde sur le littoral, les touristes s’engouffrent dans cette brèche. »

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Un sujet en lien direct avec les sports de glisse, dont le chiffre d’affaires est évalué à 22 M€ sur le littoral audois. Président de Windsurf association Gruissan (WAG), Eric Sabatier s’était mobilisé l’an passé, estimant alors qu' »un seul parking à 500 m de l’eau, c’est la fin du windsurf à Gruissan. » Avec la solution intermédiaire actée, il estime « qu’on a pris en partie nos demandes en compte ». Mais pas d’enthousiasme démesuré : « Il faut voir comment les communes vont installer les poches, comment on va circuler, comment on va protéger les milieux. L’enjeu, pour nous, c’est la distance à la plage, qui serait dans l’idéal entre 100 et 200 m. Mais il est certain que concilier les enjeux économiques, de loisirs, de protection de l’environnement, c’est compliqué. Cette solution, c’est la moins mauvaise. » Un constat livré en rappelant un principe : « Cette plage, on l’aime autant que les autres. »

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Un « compromis », et après ?

Avec Aude nature, Dominique Clément a lui aussi participé à la concertation. Avec à la clé « ce qu’on peut appeler un compromis. En tant qu’association naturaliste, c’est le maximum qu’on puisse accepter ». Et d’en appeler à « l’implication des maires, de l’office français de la biodiversité, des gendarmes », pour que la saison 2022 se fasse bien dans le respect de la biodiversité, pour éviter « les catastrophes que l’on avait pu constater à la sortie du confinement, avec des hauts de plage qui étaient des espaces de jeu pour les quads, les motos, les 4×4 ». Ces « hauts de plage » où se trouve justement la biodiversité, qui exige des « espaces réservés ».

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Pour la Ligue de protection des oiseaux (LPO), aucun doute : 2022 ne peut être « qu’une étape pour une préservation de ces plages sauvages, de leur biodiversité et de leurs services écosystémiques ». Comme un rappel de l’incontournable issue, en estimant que la « proposition de l’Etat vise à terme à interdire les plages à la circulation automobile ». Un Etat qui, enchaîne la LPO, continue, avec le numéro d’équilibriste engagé, à « déroger à un minimum de quatre lois fondatrices de la protection de l’Environnement en France ainsi qu’à deux directives européennes ». Et de citer « dérangement des colonies de nidification », « pollution des sols et de la mer avec des hydrocarbures », « altération d’habitats naturels prioritaires (…), d’espèces d’oiseaux (…) sur des sites Natura 2000, (…) de paysages naturels ».

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