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Aude – les deux sapeurs-pompiers volontaires partis à la frontière ukrainienne sont de retour : « S’il le faut on repart directement »

Issus des centres de secours de Narbonne et Bize-Minervois, Frederic Dejeans et Rémi Anglade sont partis, vendredi 11 mars, rejoindre la frontière Ukraino-polonaise. Après 10 jours, dont 8 sur place, les deux pompiers volontaires étaient de retour dans l’Aude ce lundi 21 mars.

Arrivés à Paris le 11 mars dernier, « nous nous sommes retrouvés avec l’ensemble des départements au niveau de la maison des sapeurs-pompiers, soit à la Fédération nationale, et nous sommes donc partis de la capitale en convoi . Après une première escale à Colmar, nous avons roulé jusqu’à la frontière Ukraino-polonosaise », explique l’adjudant-chef Frederic Dejeans.

Détachés au sein d’un camp « près de la ville de Lubaczów et à environ 150 mètres du poste frontière », l’objectif des deux sapeurs pompiers Audois était d’appuyer les organisations non gouvernementales (ONG) proches de leur fédération dans l’accueil des réfugiés ukrainiens. « À notre arrivée, le camp était monté et des ONG étaient sur place. Nous avions deux tentes à disposition afin de monter un poste médical avancé (PMA) alors tenu par une infirmière sapeur-pompier et un sapeur-pompier. À cela s’ajoutaient aussi un véhicule VTP, un minibus avec deux sapeurs-pompiers et une ambulance tenue par deux autres sapeurs-pompiers », explique Rémi Anglade. « Les missions consistaient donc principalement à accompagner les réfugiés qui arrivaient, les transporter en direction du PMA si nécessaire ou les dispatcher sur les différentes tentes du camp en fonction des besoins », expliquent-ils. « Nous n’avons pas eu de gros blessés de guerre durant notre mission. Ils sont encore dans les hôpitaux ukrainiens », disent-ils.

« C’est aussi le regard vide des réfugiés »

« La sortie du poste frontière… C’est cela que je retiens », avoue Rémi Anglade. « Des deux côtés de la route, des femmes et des enfants principalement, des personnes âgées aussi. Un sac à dos, une poussette… Ils fuient et se retrouvent sur le bas-côté de la route. On se croirait en 1940 durant l’exode. Je retiens aussi les enfants qui pleurent… Voilà, c’est ça l’ambiance sur place », témoigne-t-il. « Mais c’est aussi le regard vide des réfugiés. On tente d’engager une conversation grâce à la présence d’un traducteur à nos côtés mais, le plus souvent, ce sont les larmes qui commencent à couler », ajoute avec émotion Frederic Dejeans.

On se croirait en 1940 durant l’exode

Préparés à l’urgence certes, « nous intervenons dans des situations où la montée d’adrénaline est rapide, les émotions aussi sont furtives. Là, le plus dur, c’est l’aspect crescendo. Ça monte petit à petit », expliquent-ils. Et Rémi Anglade d’ajouter : « Lors des missions secours pompier, on sait que nos gestes vont avoir des conséquences directes et visibles. Ici, c’était assez frustrant car on n’a pas la même sensation d’action. C’est surtout du réconfort. Mais finalement, en y réfléchissant, on se rend bien compte que ce sont ces petites actions qui font la différence. Grain de sable par grain de sable… ».

On signe et on repart directement

Les deux sapeurs-pompiers volontaires l’affirment sans l’ombre d’une hésitation: « Si l’on devait le refaire, on signe et on repart directement. C’est sans nul doute une expérience incroyable. Une expérience professionnelle déjà, mais c’est aussi une incroyable expérience humaine et personnelle ». « Ça permet aussi de relativiser. On réfléchit sur notre façon de vivre, on se rend compte qu’on se prend parfois la tête pour des broutilles », avoue Frederic Dejeans.

Deux autres sapeurs-pompiers volontaires ont rejoint la frontière Ukraino-polonaise le mardi 22 mars.

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