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8-Mars/ En coloc féministe à Perpignan : «En sécurité entre femmes pour libérer la parole»

Elles ont lancé en 2017, le JMF 66, pour Jeune Mouvement Féministe ou Jove Moviment Feminista de Perpinyà, car transfrontalier. Leurs actions : des «points violets» sur les lieux festifs et des groupes de parole non mixtes. Trois d’entre elles, installées dans une coloc féministe en ville, livrent leur ressenti sur le féminisme en 2022.

Au premier étage d’un immeuble ancien du cœur de ville à Perpignan, dans un joli appart typique avec cheminée et tomettes, quatre filles ont réinventé le concept de l’auberge espagnole. Le pass pour entrer, c’est le certificat de féminisme engagé. Elles y vivent à quatre, toutes militantes et impliquées dans le JMF. Un groupe d’une dizaine de membres actives qui a la particularité de pratiquer la non mixité. Enfin…une certaine non mixité, car non binaires et trans sont les bienvenu.e.s, mais pas les hommes. Un choix, assumé, qui s’est imposé avec l’expérience. «L’argument essentiel, développe Agnès, c’est le besoin de se retrouver entre femmes, de se sentir en sécurité. Au tout début, on était mixte, mais on s’est rendu compte que quand il y a un homme, il y a reproduction des schémas de société. Très vite, il veut nous expliquer comment faire valoir notre féminisme et comment on devrait faire pour être de bonnes féministes. »
«Notre objectif, c’est de libérer la parole en toute sécurité, abonde Emma. Il y a un avant et un après #metoo, avec la sensation d’une grosse prise de conscience qu’on est pas seule à avoir subi des agressions sexistes dans la vie de tous les jours.»

Il y a 1000 façons d’être féministe, voilée ou en mini-jupe

Pour ces jeunes militantes qui bâtissent le féminisme de demain, en instaurant notamment des «points violets» (site d’info et d’accueil en cas de problème) sur les festivals ou lieux festifs comme Ida y Vuelta, la fête du Travailleur Catalan ou au Tropique du Papillon, «il y a 1000 façons d’être féministe, voilée ou en mini-jupe.» Leur conception des combats de demain, c’est «un groupe qui évolue dans les pensées et les luttes, en recherchant la ressource dans la société. Pour trouver des clés ensemble.»
Et leur défi actuel, dans les rapports hommes-femmes, ce sont les relations amoureuses. «Ces derniers mois, ce qui ressort, c’est la difficulté pour une féministe de trouver un équilibre dans un couple hétéro. Les jeunes générations sont très sensibilisées aux questions de féminisme et des inégalités de genre. En couple avec un homme, il arrive forcément un rapport de domination, au moins systémique, si ce n’est individuel. Elles sont alors confrontées à leurs idéaux, elles se heurtent à un conflit intérieur.»
Pour les jeunes femmes, il y a tout un travail de «déconstruction à faire à deux». C’est là que leur groupe aide à avancer. L’essentiel étant de ne jamais juger l’autre afin de libérer la parole. Pourvu que chacune puisse faire ses choix, jusque dans son foyer, sa vie intime. 

Le JMF66 propose une expo photo tirée d’une performance de 2019 avec un collectif de Chiliennes. À voir le vendredi 11 mars à Perpignan, au Casal (23, avenue du Lycée), avec une projection et une scène ouverte à partir de 19 h 30.

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