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Tragédie de Saint-Laurent-de-la-Salanque : « Dans ces moments-là, il faut se serrer les coudes »

Habitants du village, du département ou d’ailleurs… Ils sont nombreux à se mobiliser depuis ce lundi 14 février pour fournir nourriture, produits d’hygiène, vêtements, meubles ou jouets à ceux qui ont tout perdu lors de l’explosion qui s’est produite dans la nuit de dimanche à lundi, causant huit morts en centre-ville de Saint-Laurent. Focus sur quelques-uns des acteurs de cet élan de solidarité spontané et massif que les autorités tentent désormais de coordonner.

Ce mardi matin, l’affluence de dons ne tarissait pas à l’entrée du foyer rural de Saint-Laurent-de-la-Salanque. Comme le confirme l’un des gendarmes mobiles postés à l’entrée de la cellule d’urgence médico-psychologique qui prend en charge les habitants sinistrés à la suite de l’explosion survenue dans la nuit de dimanche à lundi, rue Arago. « Environ une centaine de personnes sont passées déposer des dons depuis le début de la matinée », estime le militaire. 

Sandrine, une aide-soignante résidant à Cases-de-Pène, faisait notamment partie du lot. « Je n’ai pas de gros moyens financiers, alors je me suis bougée pour obtenir des dons, explique cette mère de famille en déchargeant son coffre rempli de cartons de pizzas et de jus de fruits. Ce matin, j’ai appelé plusieurs restaurants et hôtels et j’ai réussi à récolter tout ça. Je suis originaire de Saint-Laurent. Ce qui s’est passé m’a beaucoup touchée… J’ai des jumelles en bas âge. Je ne peux pas être partout. Mais passer ces appels ne m’a pris que cinq minutes ! »    

C’est important de les aider

Élodie, une retraitée laurentine, a pour sa part décidé, sur les conseils du gendarme en faction, de contacter la mairie afin de savoir de quoi les familles sinistrées avaient le plus besoin. « Ce sont des gens que je ne connais pas personnellement, mais je crois en la solidarité, souligne-t-elle. Lorsque je résidais aux Antilles, j’ai vécu plusieurs cyclones, dont Irma, en 2017. Je sais ce que ça fait de se retrouver sans rien. Dans ces moments-là, il faut se serrer les coudes. »

De son côté, en ce début d’après-midi, Alexandre, un restaurateur qui habite à deux pas de la rue Arago, où l’explosion s’est produite, a déjà fait le point sur les besoins : « Depuis hier, on donne. On a vu ces gens en pyjama qui avaient tout perdu. Dans un premier temps, on leur a apporté des habits, du gel douche et du dentifrice. Et maintenant, on va leur apporter deux lits pour enfants. Je les avais achetés pour les invités. Ils auraient servi occasionnellement. Mais je préfère leur donner. Les assurances ne vont pas les aider tout de suite. Pour eux, ça risque d’être un combat après le combat. C’est important de les aider. »

On sait ce que c’est de manquer

Si beaucoup d’habitants du village ont tenu à soutenir les familles sinistrées, la solidarité dépasse de loin les frontières de la Salanque. Et même du département. « Nous, on vient de Saint-Jean-de-Barrou, à côté de Durban, indiquent René et Christiane. On a pas mal d’inondations chez nous. On a notamment vécu celles de 1999. On sait ce que c’est de manquer de quelque chose. »

Cependant, au-delà du choc et de l’élan de solidarité, on sent désormais poindre chez certains habitants la colère. « Pour l’instant, on ne sait pas si l’explosion était accidentelle ou criminelle, tempère une passante. Il faut attendre la fin de l’enquête. Mais si c’est criminel, j’espère bien qu’ils attraperont ceux qui ont fait ça ! »

Sur sa page Facebook, la mairie de Saint-Laurent précisait ce mardi en milieu de journée qu’afin de coordonner l’élan de solidarité, elle n’accueillerait plus de dons directement au foyer rural. Une plateforme téléphonique a été mise en place pour informer sur les besoins des familles sinistrées et organiser la collecte (04 68 28 66 01 ou 04 68 28 57 08).

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