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Pyrénées-Orientales : « Non, je ne suis pas fou » se défend Thierry Cahuzac, accusé d’avoir tué quatre membres de sa famille

La première expertise psychiatrique de Thierry Cahuzac, 51 ans, mis en examen pour le quadruple assassinat de ses parents et de ses beaux-parents à Perpignan et au Boulou en août 2020, concluait à une altération de son discernement au moment des faits. La seconde aboutit à une abolition totale du contrôle de ses actes, au vu de l’intensité de sa pathologie mentale de type paranoïaque. Ce qui pourrait entraîner l’impossibilité de le juger. Pourtant, dans l’attente des résultats de la contre-expertise sollicitée par les parties civiles qui pourrait s’avérer déterminante, le quinquagénaire continue, depuis sa prison, d’endosser ses crimes et d’affirmer qu’il n’est atteint d’aucune pathologie.

« Quand on demande à Thierry Cahuzac, est-ce que vous pensez tuer d’autres personnes ? Il répond : Non . Car, pour lui, il a fait ce qu’il devait faire ». Son ex-femme dit craindre aujourd’hui pour sa sécurité. Il explique que s’il avait voulu la tuer, il l’aurait fait. Car, il le dit : « ma mission est accomplie ». « C’est fini » « . Les mots de cet homme qui revendique la responsabilité d’un quadruple assassinat glacent le sang, portés par la voix de ses avocats Mes Anaïs Lebeaux et Gérald Brivet-Galaup. Mais livrent aussi, malgré lui, l’effrayante complexité de sa personnalité.
Depuis le jour où il s’est constitué prisonnier chez les gendarmes, Thierrry Cahuzac assume. »Sans regrets, sans remords, sans empathie ». Il l’avoue, le samedi 22 août 2020 en soirée, il est allé boire un café chez ses parents, âgés de 80 ans, rue Georges-Vallerey à Perpignan et il les a froidement tués à coups de couteau. De même, il maintient s’être introduit le lendemain vers 6 h au domicile des parents de son ex-épouse au Boulou, les avoir attendus dans l’obscurité et avoir enlevé la vie des deux septuagénaires à l’arme blanche et à l’aide d’un fusil. Quatre crimes en quelques heures, pour des motifs radicalement et étrangement différents.  

« Moi, je préviens toujours »

À ses parents, il reprochait, dit-il, de ne pas l’avoir assez motivé et ne pas lui avoir laissé l’opportunité de poursuivre des études. Sans beaucoup d’amis, peu impliqué dans la vie sociale, il aurait surtout nourri sa frustration de son niveau scolaire faible. Juste assez pour décrocher de mauvais gré des emplois techniques, tel le poste qu’il occupait dans une cantine scolaire au moment des faits. « Il aurait aimé sans doute être reconnu comme quelqu’un d’intelligent. Mais ce passage à l’acte là, reste énigmatique et il l’occulte », livrent ses avocats qui lui rendent régulièrement visite à la prison de Perpignan.  

Pour ses beaux-parents en revanche, Thierry Cahuzac invoque le complot fomenté à son encontre pour le conduire en prison. La thèse aurait alimenté sa paranoïa pendant des années après avoir été écroué durant 3 mois en 2014.  « Une humiliation ». Le déclencheur.  « La rationalité de ses explications est troublante, concèdent ses avocats. Mais il vous précise aussi : « Je l’avais dit que si j’allais en prison, je tuerai mes beaux-parents ». « Moi, je préviens toujours ». Il a un fort sentiment d’injustice. Et une notion de la justice qui relève du Moyen-Age, ce sera la clé dans ce dossier. Il est dans sa propre réalité. Il considère qu’il n’a rien fait de mal. Pour lui, c’est : « J’ai fait justice ». « Maintenant, la balance est à égalité ».

« J’ai fait justice. C’est terminé »

Alors, Thierry Cahuzac n’a-t-il vraiment aucune conscience de l’horreur qu’il a commise ? Aux experts désormais de le déterminer. « Il est d’une normalité déconcertante, confient encore Mes Lebeaux et Brivet-Galaup. On a affaire à un homme posé, réfléchi, pas désagréable. Quelqu’un avec qui l’on peut discuter, plaisanter. Rien ne transparaît de ses difficultés. En fait, il y a un gouffre entre les causes et la gravité des actes, ce qui est le plus révélateur de son trouble psychiatrique. Et, il y a une forme d’incompréhension chez Thierry Cahuzac de ne pas être jugé et d’être déclaré fou. Mais a-t-il pris la mesure des enjeux ? Il le répète : « Non, je ne suis pas fou ». Et d’ailleurs, il pose lui-même la question : « Est-ce que quelqu’un de fou aurait pu commettre des actes aussi organisés ?… » 

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