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Prats-de-Mollo – La fête de l’ours de retour : « Tout le monde vibre à l’unisson »

Ce dimanche 20 février, la fête de l’ours faisait son grand retour à Prats-de-Mollo après l’annulation de l’édition 2021 pour cause de Covid-19. Tout juste sortis de deux ans d’hibernation, les plantigrades étaient en grande forme et ont donné du fil à retordre aux chasseurs. Les habitués étaient aux anges. Les nouveaux venus aussi. 

En ce dimanche après-midi, un soleil radieux réchauffe les hauteurs de Prats-de-Mollo. Il est 13 h 30. Une foule dense et familiale se masse devant le fort Lagarde, où les trois héros de la fête se préparent au milieu de leurs comparses déguisés en chasseurs. D’abord la tunique en peau de mouton. Puis la toque assortie. Et enfin le mélange d’huile et de suie de cheminée avec lequel ils se noircissent méticuleusement le visage et les bras. Les hommes sont devenus ours. Et le font savoir en poussant des cris gutturaux tout en brandissant leurs bâtons.

Le spectacle a de quoi surprendre les nouveaux venus. « Je viens pour découvrir une culture différente, explique Sacha, 22 ans, originaire de Sète. Les fêtes de village, je connais. Mais là, c’est un autre style… » Charlotte, 25 ans, de Perpignan, assiste elle aussi à sa première fête de l’ours. Mais elle a déjà repéré le terrain en amont. « On a commencé hier soir, confie-t-elle. On reconnaît parmi les chasseurs des gens avec qui on a fait la fête. C’était sympa. Ils étaient très accueillants. Maintenant, il faut voir le reste. On risque de se faire plaquer au sol… »

L’ours a des yeux magnifiques

L’intuition de la jeune fille était bonne. Une fois grimés, les trois ours descendent vers le village par un petit sentier escarpé. Malgré les chasseurs lancés à leurs trousses, les plantigrades sautent à qui mieux mieux sur les spectateurs afin de leur barbouiller le visage de noir. La « chasse », mise en musique par un groupe de flûtistes entonnant une mélodie lancinante, se poursuit ensuite pendant plus de deux heures dans les rues du village.

Le visage copieusement noirci, Thomas et Pierre, deux trentenaires perpignanais, estiment s’en être bien tirés : « L’ours descendait plein fer du fort Lagarde. On l’a stoppé net. Enfin… On ne sait pas trop comment ça s’est passé, mais en tout cas, on s’est tous retrouvés au sol, comme au rugby. » Sophie, qui réside sur la Côte Vermeille, décrit une tout autre expérience. « L’ours a des yeux magnifiques, assure-t-elle. Il a été très délicat. Je pense qu’il fait plus attention avec les femmes. »

Cette fête, c’est la liberté !

De leur côté, les habitués saluent unanimement le retour tant attendu des festivités, qui n’avaient pas pu se dérouler l’an dernier. « Ça m’avait manqué, lance par exemple Camille, une basketteuse de Cabestany. La fête de l’ours, c’est la liberté. Des gens de tous âges se mélangent. Ça parle catalan. Ça parle français. Tout le monde vibre à l’unisson. » Damien, 31 ans, d’Arles-sur-Tech, est également enthousiaste : « Je viens aux fêtes de l’ours depuis que je suis tout petit. Ça m’a vraiment manqué l’an dernier. C’est une coutume. Une année sans fêtes de l’ours, c’est un peu comme une année sans Noël. » Le fils de Damien, Baptiste, 6 ans, semble lui aussi ravi. D’autant qu’il a pu, comme les plus grands, danser avec l’un des ours.

Comme le veut la tradition, la course des ours s’est terminée sur la place du Foirail, où les barbiers tout de blanc vêtus, ont redonné forme humaine aux facétieux plantigrades. Tout un cérémonial très codifié, véritable « rite initiatique notamment destiné à marquer le passage de l’hiver au printemps », selon un Pratéen averti. 

Prochaines fêtes de l’ours en Vallespir : le 27 février à Saint-Laurent-de-Cerdans et le 20 mars à Arles-sur-Tech.

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