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Pollution lumineuse : des communes d’Occitanie mettent en veilleuse l’éclairage public

De nombreuses communes de la région ont entrepris d’éteindre complètement ou partiellement leur éclairage public nocturne. Objectifs : économiser de l’énergie et de l’argent mais aussi (surtout ?) préserver la biodiversité et même permettre de (re)voir les étoiles.

La Région a commandé une cartographie de la pollution lumineuse en Occitanie. Le bureau d’études toulousain spécialisé, DarkSkyLab, et La Telescop, ont ainsi dessiné une région faite de points noirs et de points lumineux. Les premiers étant, pour une fois et au sens propre, les bons exemples à suivre.

Infographie L’Indépendant
Corinne Montardier

La Voie Lactée est devenue « presque invisible » le long du littoral

Plusieurs cartes illustrent ces pollutions lumineuses. Elles indiquent tantôt les communes d’Occitanie pratiquant l’extinction totale, forte, partielle de leur éclairage public et celles qui ne la pratiquent pas ; le degré de pollution lumineuse dans les réservoirs de biodiversité grâce à la visibilité de la Voie Lactée (devenue « presque invisible » le long du littoral) ou encore le nombre d’étoiles visibles à l’œil nu. Une foultitude de données qui disent toutes l’excès de lumière artificielle dans nos territoires. Pour Sébastien Vauclair, astrophysicien et fondateur-gérant de DarkSyLab, dresser cet état des lieux est « fondamental à plusieurs titres parce que transformer la nuit en jour n’est pas naturel, ni pour les insectes ni pour les animaux ni pour les hommes ». 

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« Transformer la nuit en jour n’est pas naturel »

Le scientifique souligne aussi le coût pour les collectivités : 40 % de leur facture d’énergie sont consommés par l’éclairage public (et les maires et leurs administrés y sont sensibles) ainsi que « l’enjeu astronomique car historiquement on observe le ciel nocturne » et « de plus en plus l’enjeu de la biodiversité qui est perturbée par la pollution lumineuse, tout comme l’homme. Savez-vous que 150 insectes meurent chaque nuit sur un seul lampadaire ? En France, il y a un million de lampadaires en Occitanie ».

150 insectes meurent chaque nuit sur un seul lampadaire, « il y a en a un million en Occitanie »

Mais de nombreuses communes, notamment sur le Parc naturel régional de La Narbonnaise, dans l’Aude, ont décidé d’agir. « Des projets de Trames noires naissent pour « sculpter la géographie de la nuit » et éviter par exemple les « murs de lumière » que l’homme franchit sans s’en rendre compte mais qui sont infranchissables pour certaines espèces », dit Sébastien Vauclair.

« Sobriété lumineuse »

« Tout le monde a quelque chose à gagner, poursuit-il. Il ne faut pas tout éteindre bien sûr mais réduire l’éclairage est bénéfique pour les économies d’énergie, l’observation du ciel, ça oblige aussi à innover dans le type d’éclairage, les énergies renouvelables… Il faut aller vers la sobriété lumineuse, mieux réfléchir à l’usage de l’éclairage. En France, la Bretagne et la Normandie sont très vertueuses dans ce domaine, en Occitanie, il existe des territoires pilotes dans le Lot, les Hautes-Pyrénées avec le site du Pic du Midi, dans le Gard aussi, dans les Cévennes ». Et le mouvement se poursuit.

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