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Plongée au sein d’Academia Christiana, mouvement catholique et nationaliste placé dans le radar des services de renseignement

Academia Christiana. Derrière ce nom, un mouvement catholique de la jeunesse identitaire française, créé en 2013. Son objectif affiché sur ses tracts : « former les cadres de la reconquête civilisationnelle ». Son clip de présentation est sans ambiguïté, estimant notamment que « les Français sont en guerre » et qu' »il n’y a plus d’élite, seulement des parasites ». « Nous, catholiques, avons reçu un appel : pour faire une croisade, nous levons une armée de bâtisseurs », affirme-t-il encore. 

Leur chef, le voici : Victor Aubert, 33 ans, professeur de philosophie dans un établissement privé hors contrat, dans l’Orne. Sur les réseaux sociaux, il pose aux côtés de figures de l’extrême droite, comme Alain Soral, condamné plusieurs fois par la justice, notamment pour contestation de l’existence de la Shoah. Selon nos informations, plusieurs membres d’Academia Christiana seraient aujourd’hui fichés S, en raison de leur radicalité. 

L’association fédère ses fidèles essentiellement via les réseaux sociaux. Après quelques tentatives d’approche, nous sommes conviés à une réunion privée dans un bar parisien. A l’intérieur, une trentaine de participants, âgés de 20 à 25 ans, des étudiants et de jeunes actifs. Ils ont parfois pour référence des heures sombres de l’histoire française : « Pour moi, le meilleur régime politique qu’on ait eu en France au XXe siècle, c’était Vichy, nonobstant les lois anti-juives et la collaboration », estime ainsi l’un d’eux au cours de notre tournage. 

Dans la suite de la conversation, il reconnaît qu’Academia Christiana compte dans ses rangs des personnes antisémites même si « c’est pas la majorité ». Il est parfois question d’islam radical, qui représente, pour certains, une source d’inspiration : « Les salafistes (…) ils réussissent à avoir leur communauté, ils essaient d’avoir leurs écoles, ils arrivent à s’isoler du monde, à ne vivre qu’entre eux. Nous, on aimerait faire ça, avec une dimension plus missionnaire », explique l’un des participants. 

Pour cela, des soutiens d’Academia Christiana en appellent même à se former au maniement des armes. C’est le cas d’un prêtre, très actif sur les réseaux sociaux, et qui prend la pose un fusil à la main. Nous avons pu le rencontrer lors d’une soirée privée, aux côtés d’un militant d’extrême droite. Il est question ce soir-là de défendre la foi catholique coûte que coûte : « Mon but, c’est d’encourager les hommes, et les femmes d’ailleurs aussi, à savoir se défendre. A prendre les armes, quoi… de manière noble », déclare-t-il.

Pour développer son projet, Academia Christiana se cherche un lieu. L’association n’a à ce jour qu’une adresse postale. Mais depuis quelques années, une petite cité épiscopale attire de plus en plus de familles catholiques traditionalistes : il s’agit de Sées, commune rurale de 4 500 habitants, dans l’Orne. Et leur arrivée ne passe pas inaperçue auprès des habitants que nous avons pu interroger. 

Ici, ces familles catholiques fréquentent l’Institut de la Croix des Vents, une école privée hors contrat, qui abrite aussi une chapelle où la messe est dispensée chaque dimanche en latin, le prêtre dos aux fidèles, une mise en scène propre à la liturgie traditionaliste de l’Eglise. C’est ici aussi qu’enseigne Victor Aubert et que se seraient tenues des rencontres d’Academia Christiana, même si l’Institut de la Croix des Vents dément tout lien avec l’association. 

Interrogé sur la présence de membres d’Academia Christiana dans sa ville, le maire de Sées n’a pas souhaité s’exprimer face caméra, par crainte que cela se retourne contre lui, mais il précise que « la vigilance est de mise concernant AC qui colporte une idéologie nauséabonde ». Contacté, Victor Aubert répond que son mouvement est « un institut de formation qui n’appelle à aucune lutte armée et est étranger à toute obsession sur les Juifs ». 

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