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Perpignan : les syndicats et les parents d’élèves mobilisés contre les fermetures de classes

Le Conseil départemental de l’Education nationale qui devait se tenir ce vendredi 18 février pour entériner la carte scolaire votée la semaine dernière a finalement été reporté au mardi 22 février à 8h30 faute de quorum atteint. Les syndicats invitent à maintenir la pression.

Une cinquantaine d’enseignants, parents d’élèves et élus étaient rassemblés à l’appel de plusieurs syndicats devant l’inspection académique de Perpignan en marge du Conseil départemental de l’Education nationale (Cden) qui devait se tenir ce vendredi 18 février. Une réunion qui avait vocation d’entériner la carte scolaire votée la semaine dernière prévoyant la fermeture de 22 classes pour 15 ouvertures à la rentrée 2022-2023 dans les écoles des Pyrénées-Orientales. Elle ne s’est finalement pas tenue faute de quorum atteint suite au boycott par la FCPE (parent d’élèves), rejointe dans son action par les syndicats enseignants FO, FSU et Snalc ainsi que plusieurs élus. 

Au-delà des 22 fermetures, dont deux en Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), la situation des remplaçants inquiète particulièrement. « Actuellement il y a officiellement 146 postes de remplaçants dans les P.-.O, 171 en comptant les contractuels en CDD, mais ceux-là risquent de ne pas être reconduits l’année prochaine alors qu’il y a encore 15 jours, 168 classes étaient fermées et non remplacées dans le département. En faisant le calcul, 7 380 heures de cours n’ont pas été assurées dans le primaire depuis le mois de janvier. On n’a jamais vu ça. On demande un plan d’urgence dans l’éducation avec les moyens nécessaires pour rattraper tout le retard pris depuis deux ans », appuie Tanguy Lorre, secrétaire départemental de la Fédération FO de l’Education. 

Des habitants de Saint-Laurent-de-Cerdans mobilisés

Sur place, une délégation venue se faire entendre de Saint-Laurent-de-Cerdans a tout de même été reçue par l’inspection académique alors qu’elle protestait contre la suppression d’une classe maternelle à la rentrée prochaine malgré des effectifs stables depuis plusieurs années.

« Dans les Zone rurales de revitalisation (ZRR), les enfants dès l’âge de deux ans doivent être comptabilisés, or, cela n’a pas été le cas nous concernant. Par deux fois, j’ai envoyé un courrier au Dasen, lui rappelant les jugements des Cours de cassation de Tarbes et de Versailles faisant jurisprudence sur ce sujet. On constate un désengagement total de l’Etat. Il est important que nos enfants soient accueillis dans de bonnes conditions à l’école pour donner envie à de futurs parents d’investir la ruralité », plaide Yves Benassis, conseiller municipal et vice-président de la communauté de communes du Haut-Vallespir. 

Un constat soutenu par Sylvie Philbert, directrice intérimaire de l’école de la commune. « Une classe en moins, ça veut dire des classes à triple, voire quadruple niveau avec une moyenne de près de 23 élèves. Dans une école rurale qui se trouve éloignée de tout, c’est compliqué aussi pour les parents d’enfants en difficulté car les Rased ne viennent plus ici. On a aussi beaucoup d’enfants allophones de familles péruviennes, lituaniennes ou anglaises qui s’installent ici du fait de la proximité de la frontière donc cela fait des difficultés supplémentaires à gérer. »

 

Un boycott quasi général du Cden.

La Fédération des conseils de parents d’élèves des P-O avait annoncé une « surprise », elle a tenu parole. Alors que l’association dispose de 6 sièges sur 30 lors de chaque Cden, cette dernière a choisi de boycotter le conseil, rejointe solidairement par les syndicats enseignants (à l’exception notable de l’Unsa) et même quelques élus. Résultat, le quorum de 16 membres sur 30 a été très loin d’être atteint.  

Une décision symbolique que la FCPE justifie face au « mépris et à l’indifférence d’une école qui ne fonctionne plus qu’avec des restrictions budgétaires qui vont à l’encontre des intérêts des enfants, pour nos générations actuelles et futures. » 

L’association dénonce ainsi les « multiples fermetures de classe très inadaptées relativement au contexte sanitaire, les dotations horaires globales largement insuffisantes à cette école de plus en plus au rabais avec des moyens déficients et trop faibles qui vont à l’encontre de l’intérêt des enfants et de l’école pour tous. » 

Un nouveau Cden aura lieu mardi 22 février à 8h30. Aucun quorum ne sera cette fois nécessaire pour qu’il puisse se tenir, les syndicats invitant donc à maintenir la pression ce jour-là.

 

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