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Nucléaire, éolien, solaire… La ministre Agnès Pannier-Runacher et l’écologiste Éric Piolle opposent leurs points de vue

Nucléaire, éolien, solaire… Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée chargée de l’Industrie, et Éric Piolle, le maire Europe Ecologie – Les Verts de Grenoble, ont participé aux « débats du 8.30 franceinfo », vendredi 11 février. Ils ont chacun défendu leur vision de la politique française en matière d’énergie, au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron d’un vaste plan de relance du nucléaire civil, avec la construction de six à quatorze réacteurs pour 2050. Le président a aussi fixé l’objectif de doter la France d’une cinquantaine de parcs éoliens en mer pour « viser 40 gigawatts en service en 2050 ».

Le nucléaire :

C’est « une énergie décarbonnée », a souligné Agnès Pannier-Runacher. Elle a par ailleurs vanté l’expertise de la France dans ce domaine. « Les centrales nucléaires, on en a quand même construit pendant des années avec succès », ce qui « explique qu’aujourd’hui, nous sommes le pays d’Europe qui est capable de garantir un niveau de prix de l’électricité beaucoup plus bas que chez nos voisins », a-t-elle ainsi déclaré. « Même si on fait de la sobriété électrique », comme le plaide Éric Piolle, « il va falloir changer nos chauffages à gaz naturel pour de l’électricité, il va falloir changer nos voitures à essence pour de l’électricité et c’est ça qui explique qu’on a besoin de plus de production d’électricité », a-t-elle pointé. « Nous sommes pragmatiques et nous ne sommes pas dans l’idéologie », a-t-elle asséné face à l’écologiste.

EPR ➡️ C’est symptomatique. On se retrouve avec le discours des technocrates des années 50” attaque Eric Piolle. La ministre lui reproche son “idéologie” et dit que ces réacteurs pourraient être installés là où se trouvent déjà les centrales.” pic.twitter.com/Xny315Giq5

— franceinfo (@franceinfo) February 11, 2022

« On se retrouve là avec le discours des technocrates d’il y a cinquante ans », lui a répondu Éric Piolle. « C’est le retour au magnétoscope, le Concorde et le nucléaire », a-t-il ironisé, avant de marteler que « le nucléaire est trop lent et trop cher ». Il a ainsi pris l’exemple de l’EPR de Flamanville (Manche), « lancé en 2006 », qui a « plus de dix ans de retard » sur la date initialement prévue pour sa mise en service et dont « le prix a été multiplié par six ». Emmanuel Macron « appuie sur le bouton en disant ‘ça sortira [les réacteurs] en 2040’, donc en fait, ça n’aide pas cette transition énergétique », a-t-il ajouté. Il s’est aussi interrogé sur l’emplacement de ces futurs réacteurs. « Où va-t-on mettre les futurs Fukushima ? », a-t-il lancé.

L’éolien :

Le candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot promet de « passer de 9 000 à 12 000 éoliennes » en France d’ici 2027, a rappelé Éric Piolle, qui est son conseiller spécial dans cette campagne. « Les parcs éoliens, là où ça marche, c’est parce que les entreprises » qui les construisent « travaillent avec les collectivités, avec les élus, avec les habitants », a-t-il assuré. Elles « demandent aux habitants d’investir, ce qui fait que les revenus de cette énergie délocalisée sont aussi pour le territoire ». Ainsi, ils « voient à quoi ça sert » et peuvent apprécier « la balance de la nuisance et du bénéfice ».

E. Macron a-t-il fait trop peu trop tard ? ➡️ « Si les parcs éoliens n’ont pas débuté, c’est parce qu’ils ont fait l’objet de contentieux à répétition” redit la ministre de l’Industrie. “Pourquoi votre groupe s’est opposé à la loi qui favorisait l’installation d’éoliennes ?” pic.twitter.com/KAUb5VO8JO

— franceinfo (@franceinfo) February 11, 2022

« Aujourd’hui, le contenu local de ces constructions est entre 60 et 80% pour les territoires » et « ceux qui les construisent ont bien compris que ça fait partie de l’élément d’acceptabilité sociale », a répondu Agnès Pannier-Runacher. « Les cinq parcs éoliens en mer qui sont évoqués, s’ils n’ont pas encore démarré, c’est parce qu’ils ont fait l’objet de contentieux à répétition », a-t-elle expliqué. « Pourquoi avez-vous voté contre la loi qui permet d’accélérer le traitement des contentieux sur l’éolien marin ? », a-t-elle reproché aux écologistes.

Le photovoltaïque :

Le constat que fait Agnès Pannier-Runacher pour l’éolien vaut aussi pour les panneaux solaires. « En France, avec le débat public qui est parfaitement légitime, on met beaucoup plus de temps pour construire un parc photovoltaïque », a-t-elle regretté. S’agissant du solaire, Emmanuel Macron a annoncé vouloir multiplier la puissance installée par près de dix d’ici 2050, visant ainsi les 100 gigawatts.

« On ne peut pas, pour le photovoltaïque, avoir d’énormes fermes usines », a de son côté estimé Éric Piolle. Pour lui, elles doivent être « de plus petites tailles et ancrées, là aussi, dans le territoire en termes de financement ». « On ne peut pas laisser le modèle de l’énergie renouvelable être capté par quelques-uns qui veulent amasser des profits ». Il plaide aussi pour « un plan sur les toitures », avec des panneaux solaires installés sur les toits des « centres commerciaux » et « de nos parkings ».

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