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Narbonne – Journées mondiales sans smartphone : « Savoir poser son téléphone, c’est intéressant pour tout le monde »

Depuis 2001, les Journées mondiales sans smartphone, organisées les 6, 7 et 8 février, invitent les usagers à une réflexion sur leur utilisation de cet appareil, devenu un élément essentiel de notre vie quotidienne. Aurélia Laval, psychologue à l’antenne narbonnaise de la Maison des adolescents de l’Aude, nous éclaire sur ce sujet de société.

Quelles problématiques liées à l’usage des smartphones êtes-vous amenée à traiter à la Maison des adolescents ?

Lorsque les adolescents sont en difficulté, c’est un sujet qui revient fréquemment, et qui fait partie de ce qui est compliqué à réguler avec les familles. À l’adolescence, il est fréquent que les ados s’isolent, ils s’enferment dans leur chambre par exemple. Ce n’est pas nouveau. Mais aujourd’hui, il y a le portable. Il y a 5 ans, on ne disait pas autant « Lâche ton téléphone ». Ce n’est pas le problème en soi mais cela peut venir masquer ou amplifier un problème déjà existant.

Les applis, réseaux sociaux et jeux conçus pour être addictifs

L’usage du téléphone représente-t-il forcément un risque pour les jeunes ?

Ce n’est pas tant qu’il y a des risques mais des effets. Il est important de savoir que les applications, réseaux sociaux (légalement interdits avant l’âge de 13 ans) et jeux sont conçus pour que ce soit addictif et qu’on passe du temps dessus. Quand on est en période de construction, durant l’enfance et l’adolescence, il n’est pas facile de savoir s’arrêter et de se réguler. On peut avoir besoin d’un coup de main pour trouver des repères, auprès des parents bien sûr, mais aussi de professionnels, au sein des établissements scolaires ou de structures comme la MDA…

« Il ne faut pas dramatiser, ni banaliser non plus »

Mais attention ce n’est pas vrai que c’est toujours un problème. Le portable est aussi une façon pour les jeunes de se socialiser, et pendant le confinement, par exemple, ça a permis de garder le lien.

Les craintes des parents viennent souvent de leur méconnaissance de l’utilisation qu’a leur enfant du téléphone mais aussi de l’outil lui-même. Pour autant, cela dépend de l’usage qu’on en a : il y a des gamins très actifs, d’autres très passifs. Il y a par exemple de nombreuses manières de vivre Tiktok. Certaines gamines se retrouvent pour créer et répéter des choré. Ce n’est donc pas que de l’isolement. Il ne faut pas dramatiser, ni banaliser non plus.

Les parents doivent montrer l’exemple

Comment préserver la jeunesse des effets nuisibles ?

La question c’est comment on utilise cet outil, trouver comment arriver à mettre le smartphone au service des relations. Il ne faut pas diaboliser mais trouver un équilibre. C’est pourquoi il est parfois nécessaire de réguler l’usage du téléphone, d’établir des règles pour tout le monde, enfants et parents. C’est valable pour toutes les thématiques. Les enfants grandissent avec un modèle que sont les parents. Prenons l’exemple du téléphone à table. On ne peut pas l’interdire à son enfant si on s’en sert soi-même, et parfois même avec des justifications hasardeuses du type « Oui mais moi c’est pas pareil… ». Il faut essayer de clarifier les espaces (temps en famille, temps pour parler à ses potes…) et tendre vers un peu de cohérence. Savoir poser son téléphone, c’est intéressant pour tout le monde.

Problèmes d’attention, de concentration et une certaine impatience

Comment se manifeste une consommation excessive de téléphone portable ?

Cela peut entraîner des difficultés dans la communication entre parents et enfants, entre les deux parents, entre les enfants, entre les enfants et leurs amis qui risquent de ne plus se comprendre, mais aussi des problèmes d’attention, de concentration et une certaine impatience. Car, avec un téléphone, c’est tout le temps attractif, mais la vraie vie ce n’est pas comme le contenu de notre téléphone. Or, avec internet, les séries, on s’habitue à une certaine forme de contenu. C’est pourquoi il est important de conserver certains repères : début et fin d’une activité, d’une conversation…

Quels conseils donneriez-vous aux parents s’ils estiment que leur enfant est accro au portable ?

J’encourage les parents à découvrir les applis qu’utilisent leurs enfants, à s’intéresser à ce qu’ils font. Car, souvent, les ados font des choses simples, comme discuter avec leurs amis, partager leurs centres d’intérêt. Je conseillerais aux parents de maintenir la discussion. Il ne s’agit pas d’être inquisiteur mais de s’intéresser. Qu’est ce qui te plaît là-dedans ? Qu’est-ce que t’as appris ? Qu’est-ce qui t’amuses ? L’idée étant que ça puisse être l’occasion de partager un moment. Mais je le répète c’est une question d’équilibre, il ne s’agit pas d’aller s’abonner à tous les comptes de son enfant.

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