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Marche blanche à Saint-Laurent-de-la-Salanque : les larmes d’un village

Ce dimanche 20 février, environ 2 000 personnes se sont réunies à Saint-Laurent-de-la-Salanque pour rendre hommage aux huit victimes qui ont péri dans l’incendie et l’explosion survenus rue Lamartine, en plein cœur du village, dans la nuit du 14 février.

D’abord quelque peu clairsemée, l’esplanade de l’hôtel de ville à Saint-Laurent-de-la-Salanque est vite devenue noire de monde. C’est là que le rendez-vous était donné, ce dimanche 20 février à 10 heures, pour rendre un dernier hommage aux huit personnes qui ont tragiquement perdu la vie, en plein cœur de la nuit, lundi dernier.

Les familles se sont arrêtés aux barrières de la rue Arago.
Michel Clementz – L’Indépendant

Le 14 février à 1 h 29, une explosion et un incendie, dont l’origine est encore inconnue et fait l’objet d’une enquête, coûtaient la vie à une famille entière : Khiara, 20 ans, Kevin, 19 ans, leurs deux enfants, Hassan et Ynaïa, respectivement âgés d’1 an et demi et quatre mois, et le père de Khiara, Rachid, 42 ans, qui passait la nuit chez eux. Dans les appartements voisins, Charles, jeune quadragénaire, qui résidait là, et sa compagne Camila 32 ans, en visite, voyaient aussi leurs vies soufflées par l’explosion, tout comme Annie, une dame de 67 ans.

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Près d’une semaine après les faits, la tristesse et la douleur se lisent sur les visages des Laurentins encore sous le choc des événements. Environ 2 000 personnes ont répondu présent à cet appel citoyen, pour apporter leur soutien aux proches des victimes et aux rescapés du drame. Les familles avaient apporté des photos, pour montrer qui étaient leurs êtres chers : une jeune femme brune aux cheveux bouclés et aux grands yeux noirs, son compagnon, un tout petit garçon avec les mêmes yeux que sa mère, un bébé avec  son bandeau et sa bouche en cœur, leur grand-père, coiffé d’une casquette et au regard rieur.

La seule religion, c’est l’amour qu’on donne aux autres

Une dizaine de colombes ont été lâchées dans le ciel par les proches, symbole de paix et d’espoir, avant que la procession ne se mette en marche, menée par les familles des victimes, qui ont arpenté les rues de la commune dans la plus grande dignité, suivies par les milliers de personnes venues en soutien.

Plus de 2 000 personnes étaient présentes pour la marche blanche, avec, en première ligne, les proches des victimes.
Michel Clementz – L’Indépendant

Le tracé du cortège initialement prévu a dévié, menant devant les barrières tendues de bâches noires derrière lesquelles s’abritent encore les vestiges du drame. Un moment de grande émotion et chagrin pour les proches, qui ont déposé fleurs, photos, bougies et prières, suivis dans ces gestes par Alain Got, maire de la commune visiblement très affecté, puis les habitants de la commune qui ont à leur tour garni de ballons blancs et de témoignages de soutien les barrières de la rue Arago, devenues autel à la mémoire des disparus. Le mot de la fin est revenu à la grand-mère de Khiara, qui s’est exprimée devant toutes les personnes réunies : « Vous aussi, vous êtes notre famille aujourd’hui. Cela montre qu’il n’y a pas de religion dans le malheur ou le bonheur. La seule religion, c’est l’amour qu’on donne aux autres ».

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Bien sûr, les larmes ont coulé, en ce dimanche de février, témoignant de la peine pour cette fille, petite-fille, ce frère, cet ami, ce voisin, ou parfois simplement cet inconnu parti trop tôt. Mais à la peine et la douleur s’ajoutent le doute et les questionnements : que s’est-il passé, dans la nuit du 14 février ?

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