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L’entrée de l’armée russe en Ukraine et ses conséquences… Les informés du matin du 24 février

Autour de Lorrain Sénéchal, Neila Latrous, édirorialiste politique à franceinfo, Christian Chesnot, spécialiste des questions internationales à franceinfo, Franck Cognard, spécialiste des questions de défense et Jean-Rémi Baudot, journaliste politique à franceinfo, débattent de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, jeudi 24 février.

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Quelle position de la communauté internationale ?

L’entrée des troupes russes en Ukraine et les première frappes menées notamment dans la capitale ukrainienne ont été condamnées de façon unanime par l’Occident. Le Conseil de sécurité de l’ONU ne peut cependant pas traduire son opposition par une résolution car la Russie en est membre et y opposerait son veto.

️ « Que faire si les Russes avancent vers la frontière polonaise, c’est à dire la frontière de l’Union européenne ? », s’interroge Bertrand Gallicher, journaliste à franceinfo « Cette question doit obliger l’Europe à réagir un peu plus fermement. » #UkraineRussie pic.twitter.com/rroTs4tDrw

— franceinfo (@franceinfo) February 24, 2022

« Ce qui est intéressant c’est la position des Chinois, juge Christian Chesnot, journaliste de la rédaction internationale de Radio France. Jusqu’à présent la Chine avait laissé entendre qu’elle ne soutiendrait pas vraiment la Russie et là on a une réaction du ministère chinois des Affaires étrangères qui dit ‘certains pays ont suivi les États-Unis en soufflant sur les braises’. On a le sentiment que Pékin est en train de revoir sa position ».

Les États-Unis ont-ils été aveuglés ?

Cette opération militaire s’est faite au grand jour et était en quelque sorte attendue par les services de renseignement américains, explique Thomas Snégaroff, spécialiste des États-Unis : « On évoque assez peu un texte écrit par Vladimir Poutine en juillet 2021 de 50 000 signes, un livre dans lequel il explique clairement ce qui va se passer aujourd’hui. Il nous dit: ‘l’Ukraine appartient à la Russie, nous sommes des peuples intimement liés et frères et quiconque tentera d’éloigner nos peuples en subira les conséquences y compris la destruction de son propre pays’. »

« Les États-Unis savaient depuis des mois ce qu’avait prévu Vladimir Poutine. »

Thomas Snégaroff

sur franceinfo

« Les États-Unis ont-ils été aveuglés comme Barack Obama avec la Crimée par leur désir de shift vers la zone Asie-Pacifique ? », interroge Thomas Snégaroff. Selon le journaliste, Vladimir Poutine ne cesse de profiter de « moments de faiblesse » des Américains : leur volonté de se désengager de la scène militaire européenne pour se concentrer sur « l’extrême-Orient » et la présence d’un président que le chef de l’État russe considère comme « relativement faible ». « Il faut le dire, l’image de Joe Biden à l’international, c’est l’image d’un président plutôt faible qui regarde les trains passer ».

Quelle est la stratégie militaire de Vladimir Poutine ?

En visant des cibles clés, la Russie va-t-elle se contenter d’une offensive éclair ? Pour Franck Cognard, spécialiste des questions de défense à franceinfo, « c’est une doctrine qui date de l’époque soviétique, c’est à dire des bombardements, des frappes ciblés sur des bases aériennes, sur des centres de commandement militaires ukrainiens. L’idée évidemment c’est de paralyser. On est dans une guerre hybride assez classique telle qu’elle l’a expérimenté en Crimée il y a huit ans. On est dans cette première phase. » Mais, prévient-il, « on est encore dans le brouillard des premières heures ».

️ « Il est difficile d’imaginer ce que ressentent les Ukrainiens ce matin : ils s’envoient des centaines de textos pour se demander où fuir, où aller, en toute sécurité. C’est pour eux une question de survie », relate Valentin Dunate, envoyé spécial de franceinfo en Ukraine pic.twitter.com/SXc1AhAjnf

— franceinfo (@franceinfo) February 24, 2022

Ce qui est certain, ajoute Franck Cognard, c’est qu' »il y a une disproportion de force entre la deuxième armée du monde, la russe, et la 22e armée du monde, l’ukrainienne ». Entre 150 000 et 200 000 hommes ont été recensés côté russe, « ce qui est l’équivalent de l’armée ukrainienne ». « Là où la Russie peut mettre 800 chasseurs, poursuit Franck Cognard, les Ukrainiens peuvent en opposer 70. Sur les hélicoptères d’attaque, c’est un pour quinze, les blindés c’est à peu près pareil « . 

L’Ukraine peut-elle compter sur l’Europe ?

Que peut le président ukrainien ? Pour le moment, Volodymyr Zelensky a le soutien de tous les Européens, explique Christian Chesnot mais ils sont divisés et toute la question est de savoir comment les 27 réagiront « si les Russes avancent vers la frontière polonaise, c’est-à-dire vers la frontière de l’Union européenne ». Des sirènes anti-bonbardement ont rententi jeudi matin à Lviv, à l’ouest de l’Ukraine, là où les Etats-Unis ont fait déménager leur ambassade, ce qui va « obliger l’Europe à réagir peut-être un peu plus fermement que ce qu’elle a fait jusqu’à présent », avance Christian Chesnot.

Ces divisions européennes s’illustrent déjà dans leur réponse militaire ces dernières semaines, abonde Franck Cognard :  » Quand la République tchèque décide de fournir 4 000 obus, la France elle n’a toujours pas envoyé de matériel. L’Angleterre – qui fait un peu ce qu’elle veut maintenant qu’elle n’est plus membre de l’UE – a envoyé de l’armement anti-char, les Polonais également. L’ Allemagne s’est couverte de ridicule la semaine dernière en envoyant 5 000 casques. » L’Ukraine a demandé des armes à la France « mais n’a pas obtenu de réponse pour le moment ». Il n’y aura pas d’intervention automatique de l’Otan, précise Franck Cognard, car l’Ukraine n’est pas membre de l’Alliance atlantique.

Quelles conséquences en France ?

Pour le moment la France n’a brandi que des armes économiques contre la Russie. Emmanuel Macron était en première ligne pour la mise en place des sanctions votées par l’Union européenne mardi.

>>Guerre en Ukraine : comment ont réagi les candidats à l’élection présidentielle ?

Quelle impact sur la scène politique intérieure à un mois et demi de la présidentielle ? La guerre en Ukraine « aura forcément des conséquences », estime Neila Latrous, éditorialiste politique de franceinfo. « Sur le pouvoir d’achat, sur l’agriculture, sur l’essence, sur le gaz, la France ne peut pas faire comme si ça n’existait pas ».

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