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La fin de l’histoire, osait Francis Fukuyama il y a 30 ans … 

Au lendemain de la chute du mur de Berlin, l’universitaire Francis Fukuyama écrivait “La fin de l’histoire” (1992) alors que le tube issu du concert de Pink Floyd sur la Potsdamer Platz  dominait les charts. 

Le professeur de l’Université John Hopkins pensait alors que la démocratie libérale et l’économie de marché allait uniformiser le monde et répandre les valeurs de paix et d’amour de son prochain …ainsi que de son portefeuille. 

Exit la baisse tendancielle du taux de profit théorisée par Karl Marx et devant conduire le capitalisme à mourir de ses propres contradictions. Fukuyama estimait que l’humanité était parvenue au point culminant de son évolution socio-culturelle. 

Les violentes images des bombardements russes en Ukraine, en violation flagrante de la charte de l’ONU, démontrent aujourd’hui du contraire. Fondée sur l’unilatéralisme, la Pax Americana n’aura pas  longtemps survécue à l’effondrement de l’URSS Gorbatchevienne. “La puissance inégalée même par les plus grands empires du passé” décrite par Henry Kissinger est-elle vaincue par ses propres excès? 

En effet, au lieu d’évoluer vers des rapports  apaisés sous le parapluie du droit international, la super puissance américaine a souvent usé de sa puissance militaire, économique et financière pour imposer ses idées et son agenda. Retrouvé seul  sur la scène internationale, sans rival à la mesure de son budget militaire (évalué à 400 milliards de dollars au lendemain du 11 septembre) le gladiateur de Hobbes, ainsi que l’écrit Bertrand Badie dans “L’impuissance de la puissance”, a été tenté par les dividendes immédiats à tirer de ses relations asymétriques sur ses vassaux (Union Européenne, entre autres ) et ses contestataires (la Chine sur le commerce mondial et la Russie sur la course relancée au nucléaire), attirant sur lui les critiques de tous ceux qui estiment que la meilleure ressource à opposer à l’arbitraire devrait être le droit et non la force. 

Aussi, l’image d’un Colin Powell et de son fameux flacon brandi en février 2003 à la face des Nations Unies, marque à notre sens un tournant.  L’argument cousu de fil blanc des armes de destruction massives a entaché la réputation des USA et renvoyé l’ONU à son rang du “Machin” tel que le qualifiait le Général de Gaulles. En affaiblissant le droit, Washington a créé les conditions du retour de la force brute comme norme dans les rapports entre États. 

L’invasion russe de l’Ukraine en cette fin février 2022 revêt  un parfum de septembre 1939. Londres et Paris impuissantes regardent ailleurs dans l’espoir de sauver la paix, Washington pense d’abord à sa politique intérieure et la SDN (pardon l’ONU) multiplie les appels au calme qui ne sont pas d’un grand secours face à la pluie de bombes s’abattant sur Kiev. “Nous sommes seuls au monde”, lance le courageux président ukrainien qui aura sans doute trop surestimé les assurances d’une Union Européenne, réduite au rôle de club de riches commerçants vénitiens  peu exercés aux armes et les promesses d’une OTAN, en fait un label militaire spécialisé dans les exercices interarmes. 

En clair, l’Ukraine l’apprend à ses dépens, la loi du plus fort, bien imagée dans la fable du loup et de l’agneau de la Fontaine, reste la norme des relations internationales. Mais, le dirait  bien Robespierre sous d’autres circonstances, la force sans la vertu c’est l’abomination et la vertu sans la force est impuissante. 

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