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Cour d’assises de l’Aude : « Je pensais qu’on allait juste s’amuser, pas faire des braquages »

Trois jeunes Belges – deux hommes et une femme – sont poursuivis pour une série de vols avec arme commis dans l’Aude, en Haute-Garonne, dans les Pyrénées-Orientales et dans les Pyrénées-Atlantiques en 2019. Leur procès a démarré ce lundi 28 février au palais de justice de Carcassonne. 

À eux trois, ils ont voulu jouer aux Bonnie and Clyde. Ils ont perdu… Jusqu’au vendredi 4 mars, sous la présidence d’Anne Haye, la cour d’assises de l’Aude et son jury populaire procèdent au jugement de trois jeunes belges, dont une femme, accusés de « tentative de vol avec arme » et de « vol avec arme ». Au total, ce ne sont pas moins de cinq braquages qui sont attribués à ces ressortissants étrangers. Des faits commis dans l’Aude, en Haute-Garonne, dans les Pyrénées-Orientales et les Pyrénnées-Atlantiques, entre le 30 octobre et le 6 novembre 2019. Le tout, au volant d’un véhicule volé en Belgique quelques jours avant de passer à l’acte. 

Les faits

C’est au Mc Donalds de Montredon-des-Corbières, le 30 octobre 2019 sur les coups de 23 h 30 que Quentin Delage 24 ans, Aurélien Neels, 23 ans, et Shelina Palattela, 20 ans, commettront leur première tentative de vol. Ils seront mis en fuite sans arriver à dérober quoi que ce soit. Ce soir-là, un client garé sur le parking remarquera l’immatriculation belge du véhicule bleu vif. Le lendemain – jour d’Halloween –, c’est une pharmacie de Muret (Haute-Garonne) qu’ils prendront pour cible… en revêtant des masques. Leurs accoutrements conduiront la pharmacienne à penser à une blague dans un premier temps. Et à donner aux braqueurs des bonbons. Jusqu’à ce qu’ils la menacent avec une arme de poing et un couteau. Ils repartiront avec un peu moins de 300 €.

Deux jours plus tard, les Wallons braqueront le Carrefour Contact de Cambo-les-Bains dans les Pyrénées-Atlantiques sous la menace des mêmes armes. Le butin : 870 €. Le 5 novembre 2019, le groupe d’amis fait son retour dans l’Aude et s’en prend au Carrefour Market de Quillan. Ici, l’un des braqueurs ira même jusqu’à poser son arme à feu sur la tempe d’une des hôtesses avant de se faire remettre la somme de 500 €. Pour finir, c’est dans les Pyrénées-Orientales, à Saint-Paul-de-Fenouillet, que le trio sévit le 6 novembre 2019, en frappant de nouveau un Carrefour Market, avec le même type d’armes, dérobant ainsi 2280 €.

Le 9 novembre 2019, les trois Belges sont interpellés à la barrière de péage du Boulou, à leur retour d’Espagne. Après leurs braquages, Quentin, Aurélien et Shélina partaient se réfugier dans les hôtels de Catalogne. Le jour de leur arrestation, ils revenaient en France pour, semble-t-il, faire de nouveaux repérages…

Des amis d’infortune

Dans cette histoire, il y a d’abord Quentin Delage, un apprenti boucher originaire de Lièges. Depuis le 10 novembre 2019, il est en détention provisoire à Carcassonne. Face aux questions de la présidente, le jeune homme fera état d’un contexte familial compliqué. « Ma mère est bipolaire. À mes dix ans, elle a commencé à faire des allers-retours en hôpital psychiatrique, a fait plusieurs tentatives de suicide. Elle avait des problèmes d’addiction à l’alcool et aux stupéfiants. En grandissant, je suis devenu moins important pour elle. Petit à petit, elle m’a mis à l’écart. Avec le recul, j’ai conscience que cela m’a détruit. C’est à ce moment-là, vers mes 13 ans que j’ai commencé à fumer du cannabis. Avec les années, ma consommation est devenue de plus en plus importante. Jusqu’à 130 € de shit par jour. Ma mère a été reconnue inapte à nous élever moi et mes petites sœurs… On a été en foyer. Depuis que j’ai 16 ans, je ne suis plus du tout en contact avec elle », raconte-t-il, les bras dans le dos.

Si on a fait ces braquages, c’est pour rembourser nos dettes auprès de nos fournisseurs de cannabis

Cette enfance cabossée semble être le point commun des trois jeunes braqueurs. Dans le box des accusés, Aurélien Neels, expliquera lui aussi avoir été placé en foyer à son adolescence pour sa sécurité. « D’aussi loin que je me souvienne, ma mère est alcoolique et héroïnomane. Mon père était conducteur de poids lourds, il travaillait beaucoup. Très tôt, j’ai été livré à moi-même. Les rôles étaient inversés. J’ai commencé à faire mes premières conneries, mes premiers vols, à fumer mes premiers joints », détaille le cariste de formation. « Quentin était mon pote, on fumait quelques joints ensemble. On vendait du cannabis tous les deux. Si on a fait ces braquages, c’est pour rembourser nos dettes auprès de nos fournisseurs de cannabis. »

Une amourette 

« Aurélien était un pote de mon grand frère. Je l’avais déjà croisé plusieurs fois à Lièges. Et je l’appréciais beaucoup. Peu de temps avant ces braquages, on s’est rapproché […] Oui, nous avons eu des relations sexuelles en Belgique, puis en France et en Espagne », avouera la Liégeoise placée sous contrôle judiciaire depuis le 2 avril 2020, après avoir effectué quatre mois de détention provisoire. Mais pourquoi avoir fait ça, réaliser des hold-up alors qu’à cette époque, elle réussit à financer ses cours d’architecture d’intérieur et touche enfin du bout des doigts son rêve ? « Je ne sais pas vraiment répondre à cette question. J’étais jeune, immature. Ce n’était pas moi… Je pensais qu’on allait juste s’amuser, pas faire des braquages. Ça s’est fait sur un coup de tête. » Pas très convaincant pour celle qui apparaît, à la lecture des faits, comme le cerveau des opérations. Et la plus à même de prendre des décisions…

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