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Carcassonne : Séquestrée et violentée pendant 4 jours pour le vol de 55 000€ et de 2 kg de cocaïne

Ce mercredi 16 février, sept personnes ont été jugées pour des faits remontant à mars 2020 dans le Carcassonnais. Tous ont été reconnus coupables, et deux ont été écroués. 

C’est parce qu’elle aurait volé 55 000 € et 2 kg de cocaïne à des trafiquants de drogue de Marseille, qu’une Carcassonnaise de 33 ans a été enlevée, séquestrée et violentée entre le 29 février et le 3 mars 2020 à Villalier et Carcassonne. Ce mercredi 16 février, alors que cette affaire avait initialement été instruite au criminel, sept hommes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Carcassonne pour répondre de ces faits gravissimes. Cinq étaient ainsi poursuivis pour «  enlèvement et séquestration », l’un d’entre eux ayant aussi à répondre de «  violence avec usage d’une arme (un couteau et une aiguille)  ».
Aux deux prévenus restants, il était reproché de s’être abstenu volontairement «  d’empêcher un délit contre l’intégrité d’une personne ».

Jetée dans le coffre d’une voiture

Le 29 février 2020, alors qu’il est à sa recherche depuis plusieurs jours, Marc Kalamouka, un Marseillais de 36 ans, croise la route de celle qui lui aurait volé 55 000 € et 2 kg de cocaïne, du côté de Villalier. Il est en voiture avec trois autres personnes et décide alors de stopper l’autre véhicule, pour en extirper celle qu’il soupçonne. Attrapée par les bras et les jambes, bâillonnée et attachée, elle ainsi jetée dans le coffre d’une voiture, puis amenée dans une forêt pour être cuisinée. Avec le Marseillais, se trouve Abdel Bajraktarevic, un Yougoslave de 51 ans, ainsi qu’Asen, un Bulgare de 30 ans, qui s’éclipsera très vite. Le groupe fera ensuite appel à Bozidar, un Serbe de 26 ans, qui va leur fournir une autre voiture pour conduire la victime dans un squat de Carcassonne. Là-bas, elle sera frappée au visage avec une poêle, puis piquée à plusieurs reprises sur le corps avec un couteau. Le Marseillais la piquera même avec une aiguille dans l’œil…
Le 2 mars 2020, c’est l’ami de la victime qui réside à Gérone (Espagne) qui va alerter Interpol de ce qui se passe en France, après avoir reçu des menaces et une photo d’elle le visage en sang. Elle venait de dire à son bourreau que la marchandise se trouvait à Gérone. C’est dans ce contexte que Marc Kalamouka et Bozidar seront interpellés à la frontière espagnole. Le reste du groupe, avec chacun son rôle dans cette affaire, le sera plus tard.
Aux intérêts de la victime, Me Charlotte Deloffre a évoqué les « quatre jours d’enfer » de sa cliente. «  Elle vit encore aujourd’hui dans la peur. Non pas pour avoir volé 55 000 € et 2 kg de cocaïne, mais pour 4 600 € avec lesquels elle a vécu quelques jours. On en a voulu à ma cliente, car il faut bien trouver un bouc émissaire… Elle pensait mourir durant ces quatre jours. » Afin de mieux estimer le préjudice subi par sa cliente, l’avocate carcassonnaise a sollicité une expertise médicale et psychologique avec 2 000 € de provision à faire valoir. L’audience sur intérêts civils a été renvoyée au 9 septembre.

Il n’a rien compris à ce qui se passait. Il s’est retrouvé malgré lui dans un environnement de gangsters

Pour la défense de Juan, un homme de 72 ans qui a maintenu ne pas avoir pensé à un enlèvement, Me Laurence Cormouls-Houlès (barreau de Carcassonne) a plaidé la relaxe, car «  il n’a rien compris à ce qui se passait. Il s’est retrouvé malgré lui dans un environnement de gangsters ! Il a préféré être dans le déni de ce qui s’est passé par peur.  » Pour Sacha, qui a aidé à rechercher la victime, Me Alexie Cavalier (barreau de Narbonne) a pointé du doigt «  cette bande organisée, où mon client n’a jamais été intégré. Lorsqu’il intervient, la victime a déjà été violentée… »
À la défense de Daniel, qui a porté à manger et des cigarettes, Me Victor Etiévant (barreau de Narbonne) a dénoncé « les raccourcis faits dans ce dossier. Il a appris le fin mot de l’histoire, une heure avant de l’amener à l’hôpital !  » Pour Bozidar, Me Sébastien Leguay (barreau de Carcassonne) a parlé d’un dossier énormément romancé, avec des moyens extravagants déployés au début de cette affaire. «  Mon client, a juste voulu se faire un billet de 500 € en emmenant Kamalouka en Espagne. Quels éléments avez-vous pour le poursuivre ? Il y a des contradictions…  » Même colère du côté de Me Céline Dallos pour Asen, contre lequel «  il n’y a ni élément matériel, ni élément intentionnel. Il a juste été présent le premier jour. Il n’y a pas eu d’action de sa part ! Il n’était pas informé de ce qui allait de passer… » A la défense d’Abdel Bajraktarevic, Me Catherine Barrère (barreau de Perpignan) s’est dit «  abasourdie » par les réquisitions, « car il n’y a aucun élément qui permette de dire aujourd’hui, qu’il y a eu concertation pour l’enlèvement et la séquestration. Ce qui m’interpelle dans ce dossier, c’est la motivation. Ce n’est pas la peur de Marc Kalamouka, mais celle de ceux qu’il y a derrière lui. Tout le monde a agi par peur, par pression. N’importe qui peut avoir pris l’argent, mais ce n’est certainement pas mon client…  » Pour finir, aux intérêts de Marc Kalamouka, Me Gaspard Guenant (barreau de Montpellier) a évoqué «  une extradition déguisée  », au regard de ce qui a eu lieu en Espagne, avant que son client ne soit arrêté à la frontière : «  Ses droits n’ont pas été respectés. Il est le seul aujourd’hui qui a le cran de tout reconnaître !  »

Le délibéré

Après en avoir délibéré, le tribunal présidé par Emmanuelle Wacongne a condamné Marc Kalamouka et Abdel Bajraktarevic à 5 ans de prison, dont 1 assorti du sursis probatoire. Le mandat de dépôt a été ordonné ; Asen à 3 ans de prison, dont 1 assorti du sursis probatoire ; Bozidar à 3 ans de prison, dont 2 assortis d’un sursis probatoire ; Daniel à 18 mois de prison, dont 6 avec un sursis probatoire, puis Juan et Sasa à 6 mois de prison.
 

Quatre mandats de dépôts requis par le ministère public

« Il y a d’un côté une victime enlevée sur la voie publique, et de l’autre une équipe de plusieurs hommes aux rôles divers. Ils ont cherché à trouver une solution afin de récupérer ce butin dérobé… Des faits graves pour lesquels le compagnon de la victime en Espagne a heureusement pu réagir » Ce mercredi 16 février, la substitut du procureur est revenu sur ces faits graves de quatre jours, tout en regrettant que les prévenus n’aient pas dit eu un mot envers la victime. Pour autant, « Ils ont quasiment tous reconnu les faits à leur niveau… Elle a toujours été privée de sa liberté, contrairement à ce qu’on a pu entendre. Avec pour unique but, celui de récupérer l’argent et la drogue de Marc ».
Pour Marc Kalamouka, 5 ans de prison avec mandat de dépôt ont été notamment requis ; pour Abdel Bajraktarevic, 4 ans de prison avec mandat de dépôt ; pour Asen et Bozidar, 3 ans de prison avec mandat de dépôt ; pour Daniel, 3 ans de prison, dont 1 assorti d’un sursis probatoire ; pour Juan, 2 ans de prison, dont 1 assorti d’un sursis probatoire et pour Sasa, 2 ans de prison.

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