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avertissement de la Cour des comptes

L’actu éco de la semaine, c’est l’avertissement sévère de la Cour des comptes sur la dette publique de notre pays, un sujet jusqu’ici peu présent dans la campagne électorale. Et pourtant, la Cour des comptes tire le signal d’alarme.

franceinfo : Raphaël Ebenstein, que dit précisément ce rapport de la Cour des comptes ?

Raphaël Ebenstein : Sans grande surprise, car c’est son rôle, la Cour des comptes alerte sur le dérapage des finances publiques depuis le début de la crise sanitaire, et s’inquiète particulièrement du niveau de la dette. Il devrait atteindre cette année 113% du PIB, soit à peine un peu moins qu’en 2021, et alors qu’il était encore sous la barre symbolique des 100% en 2019.

En valeur absolue, l’endettement de la France représentera en fin d’année, 2970 milliards d’euros, ce qui signifie un creusement de 560 milliards depuis le début de la crise sanitaire !

Et ce n’est pas simplement lié – loin s’en faut – à la seule facture de la politique du « quoi qu’il en coûte » : aides massives aux entreprises et aux ménages, politique menée par le gouvernement, car elle représente moins d’un tiers de cette nouvelle dette selon les chiffrages officiels.

Cela veut-il dire que l’Etat dépense trop, d’une manière générale, sans avoir les recettes suffisantes en face ?

C’est bien la conclusion de la Cour des comptes, sous forme d’un avertissement en creux adressé au gouvernement. Elle s’alarme d’une hausse continue des dépenses, que ce soit pour revaloriser les salaires des enseignants ou des soignants, ainsi que d’une baisse à venir des recettes, notamment celle issue des impôts de production, des mesures décidées par Emmanuel Macron.

Et la Cour des comptes semble douter de la sincérité des projections budgétaires du gouvernement jusqu’en 2027. Pour parvenir à contenir la dette autour de 115% du PIB, sans l’aggraver encore – ce qui est l’objectif affiché – il faudrait en effet 9 milliards d’euros d’économies supplémentaires chaque année, selon elle.

Un calcul toutefois vigoureusement contesté par Bercy, le ministère de l’Économie.

Comment se situe le niveau d’endettement de la France par rapport aux autres pays de la zone euro, au sortir de la crise sanitaire ?

La France fait partie des « bonnets d’âne » avec l’Espagne, la Belgique et l’Italie, tacle la Cour des comptes ! C’est-à-dire des pays dont la dette approche, voire dépasse, les 120% du PIB. A l’opposé des « vertueux », Pays-Bas, Allemagne, Autriche, dont la dette reste inférieure à 80%.

D’où un vrai risque de décrochage supplémentaire pour la France, notamment par rapport à l’Allemagne, si elle ne revient pas à davantage de rigueur budgétaire lors du prochain quinquennat. La Cour des comptes évoque même, sinon, un possible déséquilibre au sein de la zone euro, susceptible de menacer sa cohésion.

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