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Aude : la filière viticole alarmée par un rapport européen sur alcool et cancer

Le rapport d’un comité du parlement européen de lutte contre le cancer, qui assimile les consommations d’alcool à des consommations nocives, sera voté ce 15 février au parlement européen. La filière vin, qui soutient quatre amendements, croise les doigts.

Au fur et à mesure que l’échéance se rapproche, les responsables viticoles s’agitent de plus en plus. C’est un rapport d’initiative qui a mis le feu aux poudres, provoquant un embrasement. À l’origine, le rapport du comité spécial du parlement européen sur la lutte contre le cancer (BECA), qui assimile les consommations d’alcool à des consommations nocives, sans tenir compte des comportements responsables. Face à cette menace sous-jacente pour le secteur économique du vin, les représentants nationaux souhaitent corriger le propos, et mettre l’accent sur les risques liés à une consommation « excessive ».

Prévenir 40 % des cancers dits « évitables »

Vin et santé publique, une longue histoire qui connaît un nouveau volet avec ce vote du 15 février. Le parlement réuni en plénière, examinera donc ce rapport de lutte contre le cancer, ainsi que les amendements proposés.  Derrière le rapport, se profile une vision hygiéniste des boissons alcoolisées prises dans leur globalité, ce qui inquiète fortement la filière.

C’est l’interprétation d’une étude, reprise par l’OMS, qui conduit à l’objectif de ce rapport : « Prévenir 40 % de cancers dits « évitables » par des mesures législatives ou des recommandations aux Etats membres pour conduire à une réduction des risques comportementaux ». Le rapport indique que « la consommation d’alcool est un facteur de risque pour de nombreux cancers comme la bouche, le pharynx, le larynx, l’œsophage, le foie, ou encore le cancer colorectal ». Si ce texte d’initiative n’a pas vocation à prendre la forme d’une loi, il pourrait servir de base législative par la suite.

« Ne pas tomber dans l’excès »

« Tout dépend de ce que la commission veut en faire explique l’eurodéputé Eric Andrieu. Le Narbonnais fait partie de ceux qui ont déposé les amendements soutenus par la filière vin. Ce qu’il faut voir, c’est la position politique sur le plan anticancer :  il ne faut pas que l’hygiénisme prenne le pas sur la réalité, mais, au contraire, conserver la notion de plaisir, tout en répondant au besoin d’information du consommateur et lui apporter une indication sur ce qu’il boit » .

Car ce sont les termes mêmes employés dans ce rapport qui inquiètent les responsables de la filière vin :  » S’agissant de prévention du cancer, il n’existe pas de niveau de sécurité en ce qui concerne la consommation d’alcool » . Ce qui fait réagir l’eurodéputé :  « Il ne faut pas tomber dans les excès ! assure Eric Andrieu. Nous devons informer sur une consommation modérée et responsable ». 

À ses yeux, le rapport doit présenter un équilibre « entre les enjeux de santé publique et les enjeux économiques du secteur ».  Le rapport vise également l’arrêt du sponsoring sportif. Ce à quoi rétorque Eric Andrieu : « Dans ce cas, il faut interdire le coca, qui, par sa teneur en sucre est responsable de cancers, de diabète et d’obésité, pire que l’alcool ! « 

Au-delà, le député rapporteur sur le volet économique (Organisation commune des marchés ou OCM) de la Politique agricole commune (PAC) pour la période 2022-2027 insiste sur les réformes les plus importantes à ses yeux : « Ce sont celles de la PAC qui doivent être scrutées. Dès 2023 par exemple, des avertissements sanitaires contenus dans un QR Code sur les étiquettes des bouteilles listeront les calories et parfois, les ingrédients. De même, il y aura possibilité de désalcoolisation, ce qui ouvrira la voie à de nouveaux marchés. »

« C’est un raisonnement par l’absurde ! »

« On marche sur la tête ! s’indigne Jean-Marie Fabre. « Ce rapport, pour édicter ses recommandations, se base sur l’interprétation tronquée d’une étude scientifique. Nous, vignerons, sommes tous engagés dans l’éducation à une consommation modérée. C’est un art de vivre, et les bienfaits des polyphénols sont repris dans de nombreuses études scientifiques ».

Le vigneron audois, président national des vignerons indépendants, vice-président européen, est indigné, car en l’occurrence, le texte ne mentionne nulle part que seule une consommation excessive est risquée.  » Là, on ne parle pas, à dessein, de consommation modérée et responsable. C’est comme si on vous disait : la pollution tue, arrêter de respirer pour ne pas absorber de particules fines. C’est un raisonnement par l’absurde ! »

 

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