Free Delivery & 60-Day Returns* - Everyday!

Pyrénées-Orientales – Contractuels dans les écoles : « On m’a jetée dans le métier sans m’avoir formée »

Une contractuelle d’une vingtaine d’années, embauchée en ce mois de janvier pour remédier au manque d’enseignants remplaçants dans les écoles des Pyrénées-Orientales, livre son témoignage.

Tenir une classe de plus de vingt élèves pendant une journée entière ne s’improvise pas. Tel est le constat qu’a tiré Sophie (prénom d’emprunt) de l’expérience qu’elle vient de vivre en ce mois de janvier. Âgée d’une vingtaine d’années et titulaire d’une licence, la jeune fille, qui réside dans un village du Roussillon, fait partie des seize contractuels recrutés depuis le début du mois dans le département pour remédier aux absences non remplacées de professeurs des écoles, qui se multiplient depuis la rentrée dernière sur fond de flambée du nombre de contaminations au Covid-19 (autour de 200 classes sur 2000 étaient fermées la semaine passée dans le département…). 

Sophie avait signé un contrat de six mois. Mais elle a finalement démissionné au bout de deux jours. « On m’a jetée dans le métier sans m’avoir formée avant, déplore-t-elle. Quand j’ai postulé, je pensais qu’on allait me former. J’avais lu ça sur des sites internet et ça me semblait logique. »

Cependant, compte tenu de la situation actuelle, tout est allé très vite. Sophie, qui envisageait de reprendre des études en septembre pour devenir enseignante, raconte avoir envoyé son curriculum vitæ et sa lettre de motivation le mercredi et avoir passé son entretien dès le vendredi. Pour ensuite se retrouver devant une classe de maternelle dès la fin de la semaine suivante. « Quand on m’a dit que j’allais commencer si vite, cela m’a fait un peu peur… Mais comme je n’avais pas de réponse à mes autres candidatures, j’ai décidé de tenter le coup. »

Heureusement que l’Atsem était là

Hélas, malgré le soutien de l’équipe de l’école où elle a été envoyée, la jeune contractuelle n’a pas tardé à déchanter : « J’ai appelé l’enseignante que je devais remplacer et elle m’a expliqué qu’il y avait des feuilles détaillant les activités et que je pouvais aussi lire des histoires aux élèves. Mais une journée, c’est long. Il faut occuper les enfants. Au bout d’un moment, ils en ont marre. Heureusement que j’avais une Atsem (les agents territoriaux qui assistent les enseignants en maternelle, NDLR). Elle m’a beaucoup aidée. Grâce à l’intervention de la directrice, quelqu’un est également venu me conseiller le vendredi après-midi, mais j’avais déjà décidé d’arrêter. »

Depuis, Sophie a réussi à trouver un autre emploi en contrat à durée déterminée. Pour l’instant, elle n’a pas totalement abandonné l’idée de s’inscrire l’an prochain en master Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation. Même si elle confie que son expérience de ce mois de janvier l’a un peu « perturbée ».

 

Comment l’Education nationale accompagne ses contractuels

Selon l’inspection académique, dans les Pyrénées-Orientales, 35 contractuels ont été embauchés depuis la rentrée de septembre (dont seize depuis le 3 janvier) afin de ragaillardir le contingent de remplaçants, qui s’élève désormais à 207 personnes. Une seule démission de contractuel serait intervenue depuis le début de l’année 2022. En cette fin janvier, les recrutements se poursuivent.

Quelles sont les mesures d’accompagnement mises en place à destination des nouveaux venus ? « Nous leur faisons tout d’abord passer des entretiens systématiques pour vérifier leurs niveaux d’étude et leurs motivations, afin de partir sur des bases solides « , répond le directeur départemental des services de l’Education nationale, Frédéric Fulgence. « Une fois sur le terrain, les contractuels peuvent faire appel à l’inspecteur de leur circonscription et aux conseillers pédagogiques en cas de difficultés », rajoute son adjointe en charge du premier degré, Peggy Pitaval.

Par ailleurs, dès cette semaine, l’inspection va procéder au recrutement d’une enseignante sous statut via la liste complémentaire où sont inscrits les candidats ayant raté de peu le concours de l’Education nationale l’an dernier. Les quinze autres personnes inscrites sur cette liste dans l’académie de Montpellier ont été réparties, selon les vœux qu’elles avaient formulés, dans les autres départements de la région.

 

« Il faut ouvrir plus de postes pour le concours de professeur des écoles »

Aux yeux des syndicats d’enseignants, le recrutement de contractuels, précaires et souvent dépourvus d’expérience, n’est pas la panacée. « C’est pourquoi nous réclamons depuis le début de la crise l’ouverture de plus de postes (sous statut, NDLR) dans le cadre du concours de professeur des écoles, indique le cosecrétaire départemental du SNUipp Jérôme Guy. S’ils avaient décidé de donner la priorité à l’embauche il y a deux ans, comme on le demandait, on n’en serait pas là aujourd’hui… »

 

Articles populaires