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Nouvelle escalade entre Paris et Bamako

Après le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre malien Choguel Maïga en septembre dernier, c’est au tour de Florence Parly, la ministre française des Armées et le porte-parole du gouvernement malien, Abdoulaye Maïga (photo), d’étaler l’inimitié entre Paris et Bamako au grand jour.

« Nous l’invitons, c’est un conseil, à faire sienne cette phrase d’Alfred de Vigny sur la grandeur du silence ». C’est à travers ces propos (très) peu diplomatiques que le colonel malien s’est en effet adressé à la ministre française des Armées. « Lorsqu’on tente désespérément d’isoler le Mali en instrumentalisant les organisations sous-régionales, on se demande enfin qui est dans la provocation », a-t-il ajouté, allusion faite aux lourdes sanctions décidées le 9 janvier dernier par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) contre le pays sahélien.

Tout est parti d’une demande faite, le 24 janvier 2022, par le gouvernement malien au sujet de la présence de forces danoises dans le nord du pays, « sans son consentement ». En effet, Bamako avait indiqué avoir « constaté avec étonnement le déploiement sur son territoire d’un contingent de forces spéciales danoises au sein de la Force Takuba (un groupement européen de forces spéciales initié par la France) », et a « invité la partie danoise à retirer immédiatement ledit contingent du territoire malien ».

En réponse, le Danemark – puis d’autres partenaires du Mali dont la France –, par la voie de son ministre des Affaires étrangères, Jeppe Kofod, avait indiqué, mardi 26, avoir envoyé des forces spéciales, une centaine de soldats au Mali, à la suite d’une « invitation claire ». Mais la junte au pouvoir va réitérer, dans la nuit de mercredi 26 à jeudi 27 janvier, sa demande « avec insistance ».

« Nous ne sommes pas encore au stade de l’incident diplomatique, c’est peut-être des incompréhensions entre le gouvernement du Mali et le gouvernement du Danemark », a déclaré le ministre malien. Qui a estimé que son gouvernement aurait été en droit de recevoir « des excuses des autorités danoises ».

« Nous constatons que le gouvernement malien de transition a fait hier soir une déclaration publique dans laquelle il répète que le Danemark n’est pas le bienvenu au Mali, et nous ne tolérerons évidemment pas cela. Et pour cette raison, nous avons décidé de retirer nos soldats », a déclaré ce jeudi après-midi le ministre danois Jeppe Kofod. Dénonçant au passage le « jeu politique sale » de la junte malienne.

« Provocations »

Entre-temps, mardi 25 janvier, la ministre française des Armées s’en est mêlée, et a accusé les autorités maliennes de « multiplier les provocations ». « La junte malienne a rompu ses engagements et multiplie les provocations », a déclaré Florence Parly, qui a rassuré que son pays a engagé une « concertation approfondie » avec ses partenaires européens participant au groupement de forces spéciales Takuba au Mali.

Dans sa sortie du mercredi 26, Abdoulaye Maïga a également invité les autorités danoises « à faire attention à certains partenaires qui ont du mal malheureusement à se départir des réflexes coloniaux ». Sans citer la France qui, deux jours après les sanctions décidées contre Bamako en Afrique de l’ouest, avait porté un projet de résolution devant le conseil de sécurité de l’ONU pour les soutenir.

Peu avant cette nouvelle escalade entre Bamako et Paris, le gouvernement malien avait demandé, dans une note transmise fin décembre 2021 au Quai d’Orsay par son ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, une relecture des accords de défense qui lient les deux parties.

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