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Chalabre : un espace numérique dans l’ancien hôpital pour envisager l’avenir sereinement

Hébergée pour l’heure dans un bâtiment municipal, l’association Espace collaboratif du Kercorb (Eckco) porte le projet d’un Tiers lieu dans les 900 m2 de l’ancien hôpital du village. Entre coworking, Fab Lab et hébergement, les fondateurs de l’association y voient un formidable « challenge » : faire de Chalabre un véritable « pôle du tertiaire et du numérique », avec de « nouvelles opportunités de métiers ».

Une histoire d’opportunités. De rencontres. Lorsqu’Aine O’Meara, Thierry Fauck et Franck Jubin (*) content l’histoire d’Eckco (Espace collaboratif en Kercorb), ils parlent de « synchronicité ». Ces « hasards nécessaires » théorisés par le psychiatre Jung. Il en a fallu. D’abord, pour que Franck Jubin, au CV cheminant entre informatique, marketing et communication, atterrisse à Chalabre.

Le Toulousain, passé par la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) Les imaginations fertiles et le Tiers lieu Le Multiple, recherchait un atelier, lui qui avait ses habitudes sur les routes ariégeoises : « Je suis tombé sur Chalabre, j’ai décidé de m’y installer. J’ai rencontré le maire, en évoquant l’idée de monter un espace de coworking, et il nous a parlé de ce bâtiment où une réhabilitation était programmée. »

Aux côtés de Franck Jubin, Thierry Fauck : l’ex-ingénieur informaticien d’IBM, spécialisé dans l’open source, complice de la Compagnie du code, à Toulouse. Un lieu de rencontre, encore un. Comme Les imaginations fertiles, où Aine O’Meara, en charge de « l’accompagnement du leadership » chez Airbus jusqu’à fin 2020, cherchait chaussure à son pied dans l’économie sociale et solidaire : « On m’y a parlé de Franck. On s’est rencontré, et on est tombés d’accord. » D’accord pour partager l’histoire qui, en attendant que les 900 m2 de l’ancien hôpital prennent forme, a débuté à l’abri des colombages du 12 cours Sully, à Chalabre. Là où, en décembre 2021, Eckco a organisé ses premiers « Kids workshops » : des ateliers pour enfants, dès 12 ans, autour de l’imprimante 3D et du pilotage de drones. Comme une première invitation dans l’univers de « métiers émergents », avec deux nouveaux ateliers déjà programmés en février, autour de l’électronique et de la robotique.

Il y a tant de gens qui ne sont pas informaticiens mais qui bossent avec le numérique

À l’étage du cours Sully, qui accueillera fin 2022 la médiathèque chalabroise, trônent déjà 17 écrans 24 pouces, deux imprimantes 3D, une salle équipée pour une web radio : premiers pas, entre récup’ maligne et investissement privé, pour « montrer ce que l’on peut apporter. On peut aussi prêter des salles pour de la musique assistée par ordinateur, à répondre à des demandes d’adultes sur de la création de sites Web, le référencement ». Un lieu ressource sur un territoire où les kilomètres comptent parfois double, entre lacets et rigueurs de l’hiver. Mais le trio en est persuadé. Avec la transformation en Tiers lieu des 900 m2 de l’ancien hôpital, acheté 70 000 € à la mairie (qui prendra en charge les 37 000 € du désamiantage), Chalabre tiendrait un atout rare : « Le challenge, c’est d’en faire un vrai pôle du tertiaire et du numérique », avance Franck Jubin. Convaincu que le besoin existe : « Il y a tant de gens qui ne sont pas informaticiens mais qui bossent avec le numérique. » Un public cible qui donne tout son sens au long terme envisagé : « Monter une filière d’excellence, former des gens opérationnels pour de petites entreprises. »

Un atout de plus pour Chalabre, pour l’heure relativement préservée de l’abandon, ou en tout cas de l’enclavement, qui frappe les communes rurales : commerces, entreprises, artisans, professionnels de santé, la capitale du Kercorb vit bien, et récolte aussi les fruits du tourisme, notamment la Voie verte qui sillonne entre Aude et Ariège. Sans oublier la crèche, l’école et le collège qui font croire en l’avenir. Mais les chiffres sont têtus : 1 838 habitants en 1968 ; 1 441 en 1982 ; 1 141 en 2008 ; et enfin 1 121 en 2018. « Avec le Tiers lieu, on veut faire en sorte que le village redevienne attractif, insiste Franck Jubin. Montrer aux jeunes qui veulent rester dans la région qu’on peut avoir un avenir localement, qu’on peut vivre dans un territoire qu’on aime. »

Du coworking à l’incubation de start up

L’ancienne chapelle rappelle la si longue histoire de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques, et de sa plaque estampillée 1728 : 300 ans plus tard, un nouvel  avenir se dessine pour l’ancien hospice, hôpital local et maison de retraite, longtemps occupé par les Soeurs de Saint-Joseph de Cluny. C’est là, après avoir enjambé le Chalabreil, qu’Eckco voit l’avenir en grand. Un projet qui vise à « intégrer l’ensemble du bâtiment à l’horizon 2024 », précise Franck Jubin. Mais dès l’automne 2022, l’espace coworking est espéré. Une rapidité autorisée par les aménagements : « On ne modifiera pas structurellement le bâtiment. On est davantage sur de la démolition de cloisons, de la remise en peinture. » Des étapes pour lesquelles l’association misera sur des chantiers citoyens. A terme, le rez de chaussée devrait accueillir une salle d’exposition, un point accueil-café, un espace billetterie ; le 1er étage sera destiné au coworking, avec 35 à 40 places, bureaux privés et salle de réunion ; au 2e étage, place à sept chambres, des douches communes et une cuisine, « pour des start up qui voudraient incuber dans le Tiers lieu, des gens qui empruntent la Voie verte, ou des résidences d’écriture ».

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