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Occitanie – La cryptoblabes, ce ver vorace, nouveau cauchemar des vignerons, capable de dévaster une vigne en 48 heures

Également appelée Pyrale du Daphné, la cryptoblabes ginidiella, est un nouveau ravageur qui s’installe depuis 4 ans dans les vignes du littoral d’Occitanie. Particulièrement vorace, elle est capable de dévaster une vigne en 48 heures. La Cave de Leucate a mené des expérimentations cet été afin de s’armer pour une guerre sans pitié, à déclarer au plus tôt, sans arme chimique.

Depuis de nombreuses années, via l’association « Environnement et protection du vignoble », les viticulteurs de Leucate sont engagés dans un traitement vertueux des cultures, notamment grâce au développement des méthodes de confusion sexuelle. Jusqu’à présent, Eudémis et Cochylis étaient les vers ennemis. Des destructeurs identifiés dont la prolifération est relativement bien gérée, notamment, donc, grâce à la confusion : une méthode biotechnique qui perturbe l’activité sexuelle des ravageurs de la grappe.

Sauf que depuis 4 ans, s’ils veulent la paix dans leur vigne, les vignerons préparent la guerre contre une ennemie nouvelle : la Pyrale de Daphné, cryptoblabes ginidiella. « Nous avons subi des ravages début août 2020 et nous avons découvert la présence de ce ver de la grappe sur le vignoble, lequel d’ailleurs n’attaque pas que la vigne », raconte Cécile Caizergues, technicienne au service vignoble à Cap Leucate. « La « crypto » n’a  pas les mêmes cycles et lieux de vie que les ravageurs que nous connaissions. Nous avons tout à apprendre de lui, un peu comme des chercheurs », ajoute-t-elle.

La difficulté pour traiter ce ver dévastateur (un seul spécimen peut dévorer une grappe en une journée et une vigne colonisée être ravagée en 48 heures), c’est que les traitements externes sont inefficaces. Les larves, en effet, se nichent au cœur des grappes, où les traitements par pulvérisation n’accèdent pas. De plus, cela rend difficile la détection de sa présence. Et une fois la pyrale en vie, elle transperce les grains, un à un, et les vide de leur chair pour ne finalement laisser que de la peau flétrie.

Des parcelles tests pendant l’été

Deux expériences ont été menées cet été sur plusieurs parcelles du vignoble qui compte la bagatelle de 1100 hectares. La synthèse des résultats est en cours. Elle sera analysée au cours des prochaines semaines (sachant que les attaques ont été moins nombreuses cette année) pour envisager l’extension de l’une ou de l’autre ou des deux l’année prochaine.

La première technique est le recours à un dispositif appelé « Cryptotec » (c), un diffuseur de phéromone qui agît sur le papillon de la pyrale de Daphné comme d’autres hormones sur celle des ennemis « historiques ».

La seconde technique a recours à un produit récemment homologué et nommé Tricholine TA (c) qui contient des trichogrammes, des hyménoptères, de la même famille que les abeilles ou les guêpes, mais de très petites tailles ( < 1 mm) et totalement inoffensifs pour l’homme et les animaux. Ce sont des insectes parasitoïdes, ils pondent leurs œufs dans ceux des ravageurs, détruisant ainsi ces derniers. Les insectes sont contenus dans des plaquettes directement accrochées à la vigne et qui présentent l'avantage d'être biodégradables.

Des coûts supplémentaires dans un contexte tendu

L’apparition de ce nouveau nuisible va, forcément, entraîner des coûts supplémentaires pour les vignerons qu’ils soient ressortissants de la coopérative ou indépendants. C’est une épine de plus dans leur pied tandis que la récolte 2021 a été en baisse de 30% en moyenne cette année et que la vigne subit un « stress hydrique » (manque d’eau) sans précédent. Cet automne et l’hiver prochains seront mis à profit pour mettre en place des stratégies de lutte contre cette nouvelle « tordeuse » préoccupante. À propos d’hiver, l’on sait que les gelées peuvent enrayer son développement. Mais à l’heure où l’inéluctable réchauffement climatique est au cœur de l’actualité mondiale, ce n’est pas forcément sur les frimas hivernaux que les viticulteurs peuvent miser à court, moyen et long terme…

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