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Maroc : le départ de KPMG crée une onde de choc (Exclusif)

Fragilisé par les difficultés financières et une crise de gouvernance, KPMG Maroc a été évincé du réseau international KPMG. Dans l’immédiat, rien ne change pour les mandats en cours de commissariat aux comptes. Dans la profession, c’est la stupéfaction.

L’éviction confirmée par un associé du cabinet d’audit KPMG Maroc du réseau KPMG International a eu l’effet d’une bombe dans la profession. «Personne ne connaît vraiment les raisons de cette rupture», confie un professionnel. Ce qui est certain, c’est que depuis un moment, KPMG Maroc traversait de gosses difficultés financières qui l’avaient contraint à tailler dans ses effectifs, des difficultés doublées d’une crise de gouvernance. 

La bagarre de succession entre quelques associés avait fragilisé encore plus le cabinet. La rupture avec le réseau était devenue inéluctable car les tensions avec KPMG France auquel était rattaché KPMG Maroc, s’accumulaient. Les successeurs de Azzedine Benmoussa, l’expert-comptable qui avait introduit l’enseigne d’audit anglo-néerlandaise au Maroc, n’auront donc pas réussi à maintenir ce partenariat.

Le fait de quitter le réseau KPMG ne signifie pas liquidation du cabinet même si la cohabitation entre certains associés sera compliquée. Dans l’immédiat, la perte de la marque KPMG ne change rien pour les missions de commissariat aux comptes exercées par les auditeurs du cabinet sauf pour les mandats référés, c’est-à-dire, les prescriptions émanant du réseau. Pour des raisons de cohérence et de simplification, les multinationales aiguillent systématiquement leurs filiales à l’étranger vers l’enseigne qui assure l’audit légal au niveau de la maison-mère. Ne faisant plus partie du réseau, le cabinet marocain très affaibli ces dernières années sur le marché, devrait probablement perdre les clients provenant du réseau KPMG. 

Pour le reste du portefeuille, la certification des comptes s’effectuant intuitu personae par l’expert-comptable qui appose sa signature en bas des états financiers, peu de changement à attendre. Sur le papier seulement, car ne plus arborer la marque KPMG peut pousser certains clients qui tiennent à une signature internationale à passer chez l’un des réseaux qui restent au Maroc (PwC, EY et Deloitte).

Selon nos informations, le Conseil de l’Ordre des experts-comptables se réunira dans les prochains jours pour fixer une ligne de conduite afin d’éviter de retomber dans le précédent «Price» où le cabinet marocain, même exclu du réseau, continuait de signer sous l’enseigne internationale. Il s’agit surtout d’éclairer les entreprises en leur donnant la bonne information, analyse un expert-comptable.

Après avoir perdu l’arbitrage, le cabinet Price Waterhouse Maroc avait alors déclenché une longue action devant les tribunaux marocains au terme de laquelle il avait obtenu le droit de continuer d’arborer la marque de la «firme». Quelques mois plus tard, PwC ouvrira une nouvelle représentation au Maroc en s’appuyant sur de nouveaux associés et son réseau français. 

Les cabinets locaux de KPMG sont membres de KPMG International Cooperative, entité de droit suisse qui ne propose pas de services à des clients et qui est propriétaire de la marque KPMG. C’est à cette coopérative que les entités sous enseigne KPMG verse toute une kyrielle de commissions et fees en contrepartie de prestations allant de nouvelles technologies aux formations pointues et au partage des connaissances. Certains professionnels les jugent excessifs. Mais c’est le prix à payer pour faire partie du cercle des big four.

KPMG est un réseau angle-néerlandais actif dans plus de 150 pays. Il est composé de cabinets indépendants affiliés à KPMG International Limited, une société de droit anglais. Son siège opérationnel est basé à Amsterdam. Le retrait d’un des « big four » d’un marché n’est jamais une bonne nouvelle pour le marketing d’une destination, ni pour la profession de manière générale.

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