Free Delivery & 60-Day Returns* - Everyday!

Double homicide à Carcassonne : comment en est-on arrivé là ?

Le 31 octobre sur les coups de 22 h 30, dans le quartier de Grazailles, deux jeunes de 18 et 21 ans étaient abattus par balles. Rapidement, un règlement de comptes sur fond de trafic de drogue a été évoqué. La piste n’est d’ailleurs pas du tout abandonnée. Hier, plusieurs jeunes du Viguier, où vivait Billel Doussas, la plus jeune victime âgée de 18 ans, parlaient, eux, d’un différend amoureux qui aurait mal tourné… Pour l’heure, le parquet de Carcassonne se refuse à tout commentaire.

Ce mardi soir, la procureure de la République de Carcassonne a fait savoir qu’elle ne communiquerait pas, pour le moment, sur l’avancée du dossier. « Pour ne pas gêner les investigations en cours », assure-t-elle. On sait que peu de temps après la mort d’Anas El Madani, 21 ans, et de Billel Doussas, 18 ans, à Grazailles, rue de Marignan, dimanche, les policiers de l’antenne perpignanaise de la police judiciaire ont entendu les sept personnes qui les avaient accompagnés à l’hôpital. Il s’agit de proches des victimes. Pour l’heure, rien n’a fuité de leurs auditions.

Quelques certitudes tout de même. Selon la procureure de la République de Carcassonne, Florence Galtier, une première balle a été tirée depuis la fenêtre d’une habitation, rue de Marignan. Elle a touché la première victime de 21 ans qui se trouvait dans la rue près d’une voiture. Une seconde balle a été tirée depuis le trottoir. Elle a atteint le jeune majeur qui était dans le véhicule. D’après une source proche du dossier, les enquêteurs rechercheraient plusieurs tireurs. Ce double homicide ne serait donc pas l’œuvre d’une seule et même personne. 

Très vite après les faits, la thèse du meurtre sur fond de trafic de drogue s’est rapidement répandue. Lundi soir, le parquet de Carcassonne s’était refusé à la confirmer. Ce mardi, en échangeant avec plusieurs habitants du quartier du Viguier où vivait Billel avec sa mère, nous avons appris qu’une autre hypothèse circulait, celle du différend amoureux.

Ils parlent d’une soirée remontant à plusieurs semaines dans un bar à chicha de Carcassonne au cours de laquelle un garçon d’une cité aurait regardé avec un peu trop d’insistance une fille d’un autre quartier. Un conflit aurait alors débuté entre ceux du Viguier et ceux de Grazailles. Un casus belli amplifié par les réseaux sociaux où se seraient mêlées menaces et invectives des dizaines de jours durant, aboutissant au final au drame de Grazailles.

Une marche blanche

Billel était connu des travailleurs sociaux et du monde associatif sur Carcassonne. Tous le décrivent comme un garçon qui s’était assagi ces dernières années. « Il s’agit d’un enfant qui était déscolarisé vers 13-14 ans. Il était un peu désœuvré et passait beaucoup de son temps dans la rue. Mais il a changé, il a évolué, il a compris peu à peu l’intérêt du monde associatif. Après, on ne s’est pas ce que chacun des jeunes fait au quotidien dans son quartier. »

On sait également que beaucoup de jeunes, effondrés après le drame, se sont rendus au commissariat de Carcassonne pour lancer les policiers sur plusieurs pistes. Ces dernières heures, les pouvoirs publics craignaient de nouvelles flambées de violence dans les quartiers sensibles de la ville. Pour l’instant, il n’en est rien. Des riverains de Grazailles et du Viguier l’affirment : « Les anciens ont repris les choses en main et remis de l’ordre. En tout cas, ils tentent. Tout le monde a peur maintenant. Parce qu’on ne s’est pas jusqu’où tout ça peut aller. » Si les compagnies républicaines de sécurité (CRS), déployées sur Carcassonne, se font très discrètes dans les cités, elles modèrent certainement les ardeurs de chacun. 

Avant la fin de la semaine, une marche blanche devrait être organisée à Carcassonne pour rendre hommage aux deux jeunes victimes. La municipalité met actuellement en rapport la préfecture et les habitants des quartiers pour la planifier. Hier soir, la date du dimanche 7 novembre à 13 heures était privilégiée.

 

Articles populaires