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ce que l’on sait des accusations d’agressions sexuelles visant l’ancien ministre

« Je ne m’exprimerai plus. » Nicolas Hulot a annoncé, mercredi 24 novembre, son intention de quitter « définitivement la vie publique ». Une décision prise à la veille de la diffusion, jeudi soir, d’un numéro d' »Envoyé spécial » dans lequel plusieurs femmes l’accusent d’agressions sexuelles. L’ancien ministre de la Transition écologique et ex-animateur de télévision a de son côté démenti ces accusations, qu’il estime « mensongères ». Voici ce que l’on sait de cette affaire.

Plusieurs femmes affirment que Nicolas Hulot a tenté de les embrasser

Le magazine de France 2 a notamment recueilli le témoignage de Sylvia, qui venait d’avoir 16 ans lorsqu’elle a rencontré Nicolas Hulot, en mai 1989. Elle affirme qu’il l’a agressée sexuellement dans sa voiture. « Il voulait que je l’embrasse, que je lui embrasse le sexe. Il me force à lui faire une fellation, que je ne fais pas réellement parce que je crois que je suis tétanisée », raconte-t-elle.

>> Regardez le replay du magazine « Envoyé spécial » dans lequel plusieurs femmes accusent Nicolas Hulot d’agressions sexuelles

Cécile assure quant à elle avoir été agressée sexuellement en 1998, à Moscou, où elle travaillait. A l’issue d’une soirée avec des membres de l’équipe de l’émission « Ushuaïa », la jeune femme, alors âgée 23 ans, affirme que Nicolas Hulot s’est « jeté » sur elle, a tenté de l’embrasser et lui a touché « les seins » et « l’entrejambe ».

Les journalistes d' »Envoyé spécial » ont également recueilli le témoignage d’une ancienne collaboratrice qui affirme avoir été embrassée « de force » par Nicolas Hulot, après une réunion de travail, en 2001. Le magazine donne aussi la parole à la militante écologiste Claire Nouvian, qui a participé au tournage d’un épisode d' »Ushuaïa » en 2008. A l’époque, elle assure notamment que l’entourage de Nicolas Hulot l’avait mise en garde quant au comportement de l’animateur vis-à-vis des femmes. 

En outre, deux témoignages écrits ont également été transmis à « Envoyé spécial », dont celui de Maureen Dor. L’animatrice et comédienne belge affirme qu’en 1989 Nicolas Hulot lui a « sauté dessus » et a « tenté de l’embrasser » contre son gré. Elle était alors âgée de 18 ans. Par ailleurs, une ancienne employée de TF1 raconte, sous couvert d’anonymat, avoir rencontré l’animateur « au début des années 1990 », alors qu’elle avait 23 ans. Elle assure elle aussi avoir été agressée sexuellement par l’animateur de télévision. L’ensemble des faits décrits par ces femmes sont prescrits.

Nicolas Hulot nie et évoque des accusations « mensongères »

Avant même la diffusion du numéro d' »Envoyé spécial », Nicolas Hulot s’est défendu mercredi matin sur BFMTV. L’ancien animateur a assuré qu’il n’avait pas eu connaissance des détails des accusations, évoquant les témoignages de « quatre ou cinq femmes ». Sur le plateau de la chaîne, Nicolas Hulot n’a cessé de clamer son innocence. « Je n’ai jamais séduit par contrainte », a-t-il assuré.

« Ni de près ni de loin, je n’ai commis ces actes. Ces affirmations sont purement mensongères. Je le dis ici une fois pour toutes, fermement et définitivement. »

Nicolas Hulot, le 24 novembre 2021

sur BFMTV

« Au prétexte que ces affaires sont prescrites, je n’ai plus le droit à une enquête. On va m’accuser de crime et de délit », a-t-il encore fustigé. 

Nicolas Hulot estime que les accusations d’agressions sexuelles dont il fait l’objet sont « purement mensongères » pic.twitter.com/EpT8VwQZK5

— BFMTV (@BFMTV) November 24, 2021

L’ancien ministre n’a pas souhaité répondre aux questions des journalistes de France 2 face caméra. « La justice et la vérité ne peuvent pas jaillir sur un plateau de télévision », a-t-il estimé sur BFMTV. Nicolas Hulot a toutefois eu un échange téléphonique avec la présentatrice d' »Envoyé spécial », Elise Lucet, le 9 novembre. Il lui a alors affirmé ne jamais avoir « contraint en quoi que ce soit, qui que ce soit ». Il a ajouté être « innocent, (…) innocent d’une manière que vous ne pouvez même pas imaginer ».

Outre son retrait de la vie publique, Nicolas Hulot a également annoncé qu’il renonçait à la présidence de sa fondation éponyme. « Je quitte mon engagement et je ne m’exprimerai plus, a-t-il insisté. Je ne prendrai plus la parole car je ne me reconnais plus dans cette société, ni dans ses codes. »

Une plainte pour « viol » déposée en 2008

Ce n’est pas la première fois que Nicolas Hulot est mis en cause dans une affaire de violences sexuelles. En février 2018, le magazine Ebdo, qui a depuis cessé de paraître, avait révélé l’existence d’une plainte pour « viol » déposée en 2008 contre l’ex-animateur télé. Celle-ci avait été classée sans suite, car les actes dénoncés, qui remonteraient à 1997, étaient « prescrits », avait ensuite confirmé le parquet de Saint-Malo. 

A l’époque, celui qui était alors ministre de la Transition écologique avait également « pris les devants » en s’exprimant sur BFMTV, avant même la parution des révélations d’Ebdo. Nicolas Hulot s’était alors défendu de tout comportement inapproprié et des rumeurs « ignominieuses ».

L’enquête du magazine avait fait l’objet de critiques, notamment en raison du peu d’éléments sur la nature et les circonstances des faits reprochés à Nicolas Hulot. L’article ne mentionnait pas non plus le nom de la plaignante. Face aux révélations d’autres médias, Pascale Mitterrand, petite-fille de François Mitterrand, avait finalement confirmé être l’auteure de la plainte, mais « elle n’a jamais souhaité médiatiser » l’affaire.

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