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Algérie : Attention à l’abus de la planche à billets !

Par ABASHI SHAMAMBA

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu la consultation le 19 novembre dernier en Algérie au titre de l’article IV. Les experts du Fonds relèvent que l’économie algérienne devrait traverser une longue convalescence à la différence de celle du Maroc. S’ils saluent le processus d’assainissement budgétaire par la réforme de la politique des subventions, ils émettent des critiques à peine voilées sur le recours à la planche à billets.

Après une contraction de 4,9 % en 2020, le PIB réel a augmenté de 2,3 % en glissement annuel au 1er trimestre 2021, sous l’effet d’un rebond des prix et de la production d’hydrocarbures et de l’assouplissement des mesures de confinement. La balance courante s’est nettement améliorée au cours des six premiers mois de 2021, après une nette détérioration l’année dernière.

La pandémie a accru les vulnérabilités économiques persistantes de l’Algérie à la suite d’une succession de chocs défavorables depuis 2014. Les déficits jumeaux (budgétaire et du compte courant) récurrents de ces dernières années ont réduit la marge de manœuvre du gouvernement à mesure que la dette publique augmentait considérablement et que les réserves de change diminuaient. La hausse de l’inflation, reflétant la hausse des prix internationaux des denrées alimentaires et un épisode de sécheresse en Algérie, affecte également négativement le pouvoir d’achat des ménages.

L’économie devrait se redresser en 2021 et 2022, mais les perspectives demeurent incertaines et difficiles. La croissance réelle devrait s’établir à 3,2 % en 2021 et le déficit extérieur courant devrait se réduire fortement à mesure que les exportations rebondissent. Les risques sont toutefois orientés à la baisse. Les principaux risques concernent l’évolution des prix du pétrole, la pandémie et l’environnement social et géopolitique.

Les experts du FMI relèvent que l’Algérie a été durement touchée par la pandémie et ont salué les efforts déployés par les autorités pour contenir ses coûts humains et économiques. Bien qu’une reprise progressive soit en cours, les vulnérabilités d’avant la pandémie demeurent et les risques pour les perspectives économiques s’orientent à la baisse, malgré le récent rebond des prix des hydrocarbures. Dans ce contexte, le FMI appelle à « un dosage de politiques bien calibré pour soutenir la stabilité macroéconomique et promouvoir une croissance durable, résiliente et inclusive ».

Renforcement du dispositif anti-blanchiment

D’une manière générale, les experts du Fonds monétaire international conviennent de la nécessité d’un assainissement budgétaire progressif et durable, étayé à la fois par des mesures d’amélioration des recettes et des dépenses. Entre les lignes, c’est une critique à peine voilée du laxisme budgétaire du gouvernement. Le FMI estime qu’il faut adapter le rythme et les mesures de l’ajustement à l’évolution de la pandémie et aux conditions économiques afin de protéger les couches les plus vulnérables de la population. Ils ont également salué les efforts déployés récemment par les autorités pour moderniser la gestion budgétaire et améliorer l’efficacité du secteur public en coupant dans les mille-feuilles des subventions afin de cibler directement les ménages par les transferts directs sous forme d’allocations. A moyen terme, le FMI encouragent les autorités à diversifier les sources de financement budgétaire et à éviter la planche à billets.

Le FMI souligne par ailleurs qu’une politique monétaire bien calibrée combinée à une plus grande flexibilité des taux de change pourrait soutenir les efforts de stabilisation. Il encourage les autorités à continuer de renforcer la supervision bancaire, à mettre en œuvre un cadre de gestion des crises et à renforcer la gouvernance des banques publiques. 

Le Fonds félicite les autorités pour leur stratégie visant à relancer la croissance et à réduire la dépendance de l’économie à l’égard des hydrocarbures. Il se félicite des annonces récentes concernant les plans visant à renforcer la transparence et le cadre institutionnel de lutte contre la corruption, à améliorer la résilience climatique ainsi que les efforts visant à encourager la numérisation, l’investissement étranger direct et la concurrence pour favoriser l’investissement du secteur privé et la création d’emplois sont des pas dans la bonne direction. Le renforcement du cadre de lutte conte le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme est salué par les experts du Fonds monétaire international.

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