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Recherche candidat(s) désespérément : ces entreprises qui ont du mal à recruter

Les chiffres sont impressionnants : près d’une entreprise sur deux peine à recruter aujourd’hui. Alors que les recrutements sont repartis à la hausse, le retour d’activité est plus complexe que prévu.

Outre le variant delta, outre les difficultés d’approvisionnement, la Banque de France s’inquiète des difficultés de recrutement des entreprises qui menacent l’économie. « Le niveau de recrutement est plus élevé qu’avant la crise sanitaire, constate Véronique Villette, fondatrice du cabinet de recrutement Carré RH (siège à Montpellier) qui intervient en Occitanie et au niveau national. Les carnets de commandes sont pleins alors que faute de visibilité, les entreprises n’ont pas ou peu acté de recrutement pendant plus d’un an. Certains secteurs sont même touchés par des pertes d’effectifs suite aux questionnements de salariés ou le télétravail. Résultat, il y a urgence à recruter pour tout le monde et en même temps ».

L’experte RH prévoit de doubler son volume d’activité par deux d’ici fin 2022 car elle n’a  » jamais connu un tel rythme de recrutement en vingt ans. En 10 jours, 10 postes demandés ! « 

Des secteurs sous tension

L’enquête annuelle réalisée par Pôle Emploi affiche 19 160 projets de recrutement par les entreprises audoises cette année, et 23 940 du côté des Pyrénées-Orientales. « Tous les profils et les secteurs sont concernés, confie Véronique Villette. Face aux difficultés de recrutement dans l’Hôtellerie-restauration, des réflexions sur la valorisation salariale et les conditions d’emploi sont menées. Le secteur du numérique s’est retrouvé pris en otage pour répondre aux besoins de digitalisation des entreprises pendant la pandémie. Le secteur a dû faire face à un besoin de production et de main-d’œuvre au-delà de la norme. D’où des tensions sur le marché de l’emploi et des hausses de salaires induites ».

Les services font partis des quinze secteurs identifiés par Pôle Emploi où les recrutements sont difficiles à concrétiser. C’est le cas chez Action Propreté, entreprise de nettoyage (particuliers et professionnels) dont le siège est basé à Sallèles-d’Aude. « La crise sanitaire et les confinements ont perturbé l’approche du travail, explique Chrystelle Roger, la dirigeante qui recrute actuellement trois agents d’entretien. Nous avons du mal à maintenir nos effectifs. Les gens pensent à tort que le nettoyage c’est facile. Certaines recrues ne restent même pas un mois ! Et pourtant, nous réalisons des formations internes et nous sommes organisés pour proposer des horaires continus de 5h30 à 13h30, ce n’est pas le cas dans beaucoup d’entreprises de notre secteur. »

Transports : plus de sédentarité

Le secteur du transport est aussi impacté. Il manquerait près d’une centaine de chauffeurs et autocaristes dans les P.-O. selon la fédération des transports routiers.

« C’est très compliqué de trouver des chauffeurs de poids lourds alors que le secteur connaît une croissance importante. En effet, pendant la période de confinement la consommation a réduit aujourd’hui on est dans une phase de surconsommation qui perturbe nos marchés et donc l’emploi au final. De plus en plus de chauffeurs préfèrent se tourner vers des métiers moins difficiles ou veulent être plus sédentaires pour retrouver leur famille le soir. Nous utilisons tous les outils pour recruter. On voit même des offres d’emploi de chauffeurs sur le bon coin ! « , explique Steeve Mangin, dirigeant de Léa Logistique installé à Rivesaltes et qui étend même ses locaux et diversifie son activité à la logistique du e-commerce. Celui-ci a d’autres sujets d’inquiétudes. « Comme d’autres secteurs, nous sommes confrontés à des difficultés d’approvisionnement notamment de véhicules neufs et des surcoûts comme le gasoil qui devront au final être supportés par nos clients. Un contexte qui va complexifier notre activité », explique le transporteur.

Santé : recruter pour assurer la continuité des soins

Le secteur de la santé – hôpitaux, cliniques, Ehpad… publics et privés – est aussi à la peine même si les lignes bougent. « Les problématiques de recrutement concernent les infirmières et notamment celles spécialisées en bloc opératoire par exemple. Il manque entre 1000 et 1500 infirmières et 6900 aides-soignants en Occitanie, indique Pascal Delubac, président de la fédération de l’hospitalisation privée Occitanie et DG d’une dizaine d’établissements du groupe de santé privé Elsan basé dans l’Aude et les P.-O.. Depuis mars 2020, nous assistons à un phénomène d’usure générale dans le secteur de la santé. On voit augmenter les arrêts maladie. Ce qui nous demande de recruter des remplaçants afin d’assurer la continuité des soins. Actuellement, certains profils comme les infirmiers anesthésistes sont chassés par les établissements entre eux posant parfois un problème d’éthique. En parallèle, on sent aussi poindre un besoin de qualité de vie au travail. »

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