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Pyrénées-Orientales : le port antique de Pyréné était-il à Port-Vendres ou Collioure ?

Où était située « l’opulente cité de Pyréné », en lien avec le monde grec, qui aurait connu sa période faste entre les VIe et IIe siècle avant Jésus-Christ ? Sur ce point aussi, plusieurs hypothèses sont en lice.

« En bordure des terres des Sordes (un peuple notamment implanté sur le littoral roussillonnais, au nord du Tech, NDLR) était autrefois, dit-on, l’opulente cité de Pyréné. »  La citation du poète romain Aviénus (IVe siècle après Jésus-Christ) a fait rêver des générations d’historiens. Certains ont vu Pyréné (également dénommée Pyrène) à Port-Vendres. D’autres à Elne, voire à Empuries. Cependant, nul n’a pour l’heure localisé avec certitude la prestigieuse cité antique.

Le professeur Jean-Claude Bisconte de Saint-Julien assure que le port de Pyréné, en lien avec le monde grec, correspond, comme son successeur romain Portus Veneris, à Port-Vendres. Reprenant en cela la thèse de nombreux historiens et archéologues, dont Jean Abelanet (Le pays catalan, tome I).

Nous pensons que Collioure était un comptoir grec

Mais, comme pour le temple de Vénus, l’archéologue Georges Castellvi défend désormais une autre hypothèse : « En réétudiant les découvertes faites par Pierre Ponsich dans les années 1960 à l’emplacement de l’actuel parking du glacis de Collioure, Ingrid Dunyach s’est aperçu qu’il y avait là, à l’époque ibère (-500 à -200), une véritable agglomération en contact avec les Grecs qui venaient en bateau depuis Marseille. On y a notamment retrouvé des restes de céramiques de table de qualité. On se demande si Collioure n’était pas un comptoir de Marseille. Ce sont en tout cas quelques-uns des vestiges les plus anciens découverts dans le secteur. »

Ingrid Dunyach acquiesce :  »Aujourd’hui, on peut affirmer que Collioure est bien le port antique de Pyréné. En effet, l’étude et les quantifications des importations méditerranéennes témoignent d’arrivages variés (gréco-occidentaux, athéniens, marseillais), confirmant le rayonnement d’une agglomération impliquée dans les trafics maritimes dès le troisième quart du VIe siècle, et ce jusqu’au IIIe/IIe siècle avant J.-C. » 

Portus Veneris reste à Port-Vendres

Mais aux yeux de Jean-Claude Bisconte de Saint-Julien, un port tel que celui décrit par les auteurs antiques lorsqu’ils évoquent Pyréné ne pouvait résolument pas être implanté à Collioure. « Tite-Live dit que la flotte du général romain Caton a fait halte à Pyréné (alors qu’il faisait route vers l’Ibérie, en 195  avant Jésus-Christ, NDLR). Selon les estimations, la flotte finale regroupée à Pyréné devait comporter au moins 100 grandes galères et bateaux de charge, portant dix à vingt mille hommes équipés de chevaux et d’armes de siège. Jamais une telle flotte n’aurait pu stationner dans le port de Collioure ! » 

Amphores retrouvées à Port-Vendres.
L’Independant – Clementz Michel

Il est cependant une chose sur laquelle Ingrid Dunyach, Jean-Claude Bisconte de Saint-Julien et Georges Castellvi sont d’accord. Port-Vendres correspond selon les trois scientifiques à la Portus Veneris des Romains. « Finalement, les données archéologiques indiquent que le port du Roussillon changea de lieu durant l’Antiquité, passant de Collioure (Pyréné) à l’âge du Fer à Port-Vendres (Portus Veneris) avec l’arrivée des Romains », analyse Georges Castellvi. En ce qui concerne le passé romain de Port-Vendres au moins, le consensus est de rigueur.

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