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Perpignan – Marche blanche : « Trop nombreux, morts dans la rue et dans l’indifférence »

Quelques dizaines de personnes se sont réunies ce mercredi 27 octobre 2021 en début d’après-midi sur la place Cassanyes à Perpignan à la suite du décès d’Othmane, un jeune SDF retrouvé pendu dans la nuit de samedi à dimanche au grillage du centre d’hébergement d’urgence près de l’hôpital de Perpignan. 

Ils étaient moins nombreux qu’ils ne l’auraient souhaité. Mais ils étaient là, ce mercredi en tout début d’après-midi sur la place Cassanyes à l’initiative de Sarah et Flora de l’association au Coeur de l’humanité 66. Des sans-abri, des militants, la présidente de l’association Main dans la main 66, des bénévoles du collectif La bande de copains venus de Narbonne… tous rassemblés en mémoire d’Othmane, un SDF de 30 ans d’origine marocaine en situation irrégulière décédé ce week-end, de Stan, 20 ans, mort le 6 octobre dernier d’une overdose en centre-ville, de Françoise, 61 ans, abritée sous une tente malgré son handicap et emportée par la maladie en février 2020, de Jean-Pierre, 61 ans aussi, découvert sans vie près de la gare quelques semaines plus tard, et de « tous les autres, bien trop nombreux, morts dans la rue et dans l’indifférence ». Un hommage afin d’alerter aussi sur « une situation catastrophique »,  notamment pour les jeunes femmes de 18 à 25 ans, sur le manque de places dans les centres d’accueil d’urgence, la nécessité de nouvelles structures, la violence accrue, le fléau de la drogue et la lourdeur administrative qui fait que la plupart baissent les bras avant de pouvoir accéder à un logement… 

« La rue, je l’ai prise à 15 ans, raconte Bruno, 56 ans qui vit sous une tente de fortune. J’ai été marié très jeune, j’ai perdu ma mère et mon père. Mon fils a été assassiné. Aujourd’hui, je suis tranquille, à part des problèmes de santé parce que je ne suis pas suivi. Et quand mon chien ne mange pas, moi non plus. Oui, je suis shooté mais quand je peux rentrer dans le lard des jeunes qui vont tomber là-dedans, je le fais. En fait, j’attends juste que la mort vienne me chercher ». 

« C’est un sujet qui peut toucher tout le monde. Et chaque personne dans la rue a une histoire » , scandait alors le porte-voix, tandis que le petit cortège rejoignait la préfecture où l’association Au cœur de l’humanité sollicitait un entretien. Une demande restée, pour l’heure, sans réponse.  

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