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Carcassonne : « Je vais te crever les yeux… Je vais te tuer, toi et tes proches ! »

Jeudi 30 septembre, un ressortissant marocain a été jugé en comparution immédiate devant le tribunal. Reconnu coupable, il a été reconduit à la maison d’arrêt de Carcassonne à l’issue de l’audience.

En détention provisoire depuis le lundi 27 septembre sur décision du juge des libertés et de la détention (JLD), c’est sous escorte policière qu’Hicham est arrivé à la barre du tribunal de Carcassonne jeudi après-midi, pour son jugement en comparution immédiate. Bientôt âgé de 40 ans, cet ancien athlète marocain de pentathlon militaire était poursuivi pour le « non-respect d’une ordonnance de protection » au profit de la mère de ses enfants, délivrée le 12 août 2021, ainsi que pour « menace de mort réitérée » à l’encontre de la même personne. Tous les deux sont en instance de divorce, mais lui n’a pas vraiment l’air de l’accepter.

L’histoire remonte au samedi 25 septembre à Carcassonne. Ce jour-là, c’est à 16 h 20 que les policiers interviennent sur le secteur de La Conte dans la rue Claude-Perrault, où une automobiliste était bloquée sur la route par son futur ex-concubin. Ils sont en instance de divorce, mais il a visiblement du mal à comprendre la situation. « Je vais te crever les yeux… Je vais te tuer, toi et tes proches… ». Voilà le type de menaces lancées à la figure de cette femme qui souhaite aujourd’hui couper les ponts. « Mes enfants sont des victimes collatérales. Ce n’est pas normal qu’ils aient vécu ça ! Ça fait six mois que je me cache dans des hôtels, mais il arrive toujours à savoir où je suis… », explique la victime qui bénéficiait d’un téléphone grave danger (TGD).

Condamné à 4 mois ferme

Face au tribunal, le prévenu n’a su que dire qu’il regrettait « ce qui était sorti de ma bouche ». En revanche, il a contesté le fait d’avoir pris connaissance de l’ordonnance de protection. Il comprend le Français, l’écrit « avec beaucoup de fautes » et ne sait pas vraiment le lire. Aux intérêts de la victime, présente à l’audience, Me Manon Crochet est revenu sur le sentiment de sa cliente qui « n’en peut plus. Ce qu’elle veut, c’est avoir une vie normale, sans avoir à surveiller s’il n’est pas sur le secteur. Il n’a jamais cessé de la suivre. Ma cliente a envie de ne plus avoir peur de se faire violer, de mourir ou qu’il enlève ses enfants… » Une somme de 3 000 € sera ainsi sollicitée au titre des dommages et intérêts… Pour ces faits graves, le ministère public a de son côté requis une peine de 12 mois de prison, dont 8 assortis d’un sursis probatoire pour 2 ans, avec un maintien en détention.

À la défense, Me Stéphane Cabée a rappelé au parquet qu’il lui appartenait de rapporter la preuve des infractions reprochées à son client. Au sujet de l’ordonnance de protection : « Cet acte n’a pas été porté à sa connaissance. Il n’y a pas de véritable assignation, juridiquement parlant ! » Et l’ancien bâtonnier de poursuivre : « La prison, ça sert à quoi, si ce n’est de l’avoir au-dessus de la tête comme une épée de Damoclès ? L’intérêt, c’est qu’il puisse continuer de travailler pour pouvoir indemniser la victime ! La seule chose que mon client souhaite aujourd’hui, c’est de pouvoir voir ses enfants… » À l’issue de son délibéré, le tribunal a finalement relaxé le prévenu du non-respect de l’ordonnance de protection, mais l’a condamné pour le surplus à 12 mois de prison, dont 6 assortis d’un sursis probatoire renforcé pour 2 ans. Le maintien en détention a été ordonné.

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