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Aude – « J’ai eu à connaître de trois cas de prêtres agresseurs dont l’un qui avait fait une quarantaine de victimes », indique l’évêque

Mgr Alain Planet, évêque du diocèse de Carcassonne et Narbonne, a réagi ce mardi 5 octobre à la publication du rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise. 

« Personnellement, j’ai eu à connaître de trois cas de prêtres agresseurs, dont l’un assez considérable car il avait fait une quarantaine de victimes. La plupart ne voulaient pas en parler, sauf deux, que j’ai reçues. C’est là que j’ai vraiment compris combien ces agissements peuvent détruire des vies », a indiqué ce mardi 5 octobre Mgr Alain Planet, évêque de l’Aude, dans une conférence de presse destinée à commenter la sortie du rapport de la Commission indépendante sur les abuse sexuels dans l’Eglise (CIASE). « Les victimes que j’ai rencontrées avaient toutes mon âge, donc il s’agit de faits qui ont été commis dans les années 60. L’un des prêtres impliqués avait été traité comme on le faisait dans ces années-là : il avait été exfiltré puis était revenu après plusieurs années dans le secteur. Pour un autre, j’ai été informé dans la même semaine de l’agression dont il s’était rendu coupable et du fait que ce prêtre venait de tomber dans la démence sénile. Mais il avait commis les faits bien avant », a encore ajouté Mgr Planet, citant enfin « le cas d’un autre prêtre, qui s’était rendu coupable d’agression sexuelle sur personne vulnérable », qui a été jugé, a purgé sa peine, et est aujourd’hui « revenu dans le département ». 

Pas de secret

« Quand on se retrouve devant ces situations, on a peu de moyens, sinon d’écouter les victimes. Mais pour elles, le mal est fait », a ajouté l’évêque de l’Aude, rappelant que le signalement de tout cas au procureur de la République s’impose aux prêtres. « Le secret de la confession ne doit pas s’appliquer si l’on recueille le témoignage d’une victime », estime Mgr Planet, qui avoue par ailleurs n’avoir jamais eu à décider de dénoncer un agresseur. « Je n’en ai jamais entendu un seul en confession ».

On ne peut plus oublier les choses ou les taire, il faut les regarder en face

Plus généralement, l’évêque a dit avoir éprouvé « de la peine, de la honte, et je dirais même de l’horreur », à la divulgation des premiers éléments du rapport de la commission dirigée par Jean-Marc Sauvé. « Une commission qui est un modèle du genre, notamment parce qu’il a été décidé d’enquêter sur le temps long, en remontant 70 ans en arrière. D’autres pays l’ont fait, mais sur une période plus brève », a-t-il indiqué. « Nous l’avons fait, nous sommes allés jusqu’au bout. Nous savions que nous allions vers des choses très difficiles » a ajouté Alain Planet.

Désastre

Détaillant les grandes lignes du rapport de la CIASE, l’évêque du diocèse de Carcassonne et Narbonne a estimé que ce travail d’enquête « nous montre le désastre, mais fait faire un pas à l’humanité : aujourd’hui, on ne peut plus oublier les choses ou les taire, il faut les regarder en face ». « J’encourage vivement l’ensemble des paroisses, mouvements, communautés religieuses du diocèse à prendre connaissance du rapport, aussi douloureux soit-il, et à inviter leurs membres à en parler », a ajouté Mgr Planet, qui estime que le défi est désormais « de continuer, comme nous le faisons depuis des années, à tout mettre en œuvre pour éviter au maximum que ces agissements se produisent ».

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