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SOS Médecins Perpignan aux abonnés absents : une grève générale pour revaloriser la visite à domicile

Treize praticiens en grève en même temps sur la couronne de Perpignan, c’est beaucoup, mais quand il s’agit de la totalité des membres de SOS Médecins, les conséquences peuvent être lourdes. De jour, mais surtout de nuit. 
Depuis ce lundi, ces généralistes un peu à part dans le milieu médical ont posé le stéthoscope. Leur président Maxime Foulquier s’explique. 

De 8 heures ce lundi 27 septembre à 8 heures ce mardi, c’est porte close, standard fermé. La dernière fois que la grogne les avait gagnés au point de se mettre en grève remonte à 2015. Depuis la situation n’a fait que se tendre. Au cœur de la discorde, leur spécialité : la visite à domicile. Celle qu’ils exercent sans aucune pause dans l’agenda, 24 h sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an. Même si depuis 2016, ils pratiquent également leur art en consultation dans leur cabinet de la rue du Clos Banet, de 9 heures à minuit, SOS Médecins assure en moyenne 15 à 20 000 visites à domicile par an sur Perpignan et 23 communes de la « petite couronne ». Des consultations que leur président le Dr Maxime Foulquier décrit comme « de plus en plus complexes et de plus en plus longues ». En cause, une patientèle « de plus en plus âgée, dépendante, avec une grande part de situations d’urgence. »  Car SOS Médecins, outre les appels directs, répond aux sollicitations du 15 quand le médecin régulateur juge que la situation nécessite leur intervention. 

SOS Médecins exclu de la négociation 

Sur place – et cela, c’est le métier qui le veut —, le médecin itinérant doit prendre connaissance du dossier médical du patient, de son environnement et son mode de vie. « Cela veut dire, poser beaucoup de questions, et donc en moyenne deux visites par heure maximum », détaille le président de la structure. « Nous sommes des médecins conventionnés, souligne encore le professionnel, donc sans dépassement d’honoraires possible. » Le tarif fixé par la sécurité sociale, c’est donc 35 euros (le jour), plus un forfait de 10 euros pour le déplacement, et un défraiement kilométrique.

Là où le bât blesse, explique le praticien, c’est que « ce forfait n’a pas bougé depuis plus de 15 ans. »  Mais pourquoi se mettre en grève maintenant ? « Ce qui a mis le feu aux poudres, selon le Dr Foulquier, c’est une négociation qui a eu lieu cet été entre des syndicats de généralistes et la caisse nationale d’assurance maladie. » Une discussion à laquelle les représentants de SOS Médecins n’ont pas été conviés et qui a débouché sur une revalorisation de la visite à domicile… à destination des médecins traitants exclusivement. Un statut que n’ont pas les généralistes de SOS Médecins puisque leurs missions sont ponctuelles auprès des patients. 

On voit  aujourd’hui des patients qui n’ont pas vu de médecin traitant depuis 18 mois

Ajoutez à cela qu’en moyenne une heure de visite à domicile rapporte donc 70 euros, quand une heure de cabinet en rapporte 125 à 150, et l’équation commence à s’éclaircir. Il faut encore saupoudrer d’un savant calcul à base de « visite longue », tarifée pour le médecin traitant à 70 euros, et désormais « facturable » à la Sécu 4 fois par an et par patient… 

Si le président de SOS Médecins ne discute pas le bien-fondé de cette revalorisation, la pilule est amère à celui qui se voit exclu du dispositif alors qu’on est dans sa spécialité. D’autant que paradoxalement, « les visites à domicile longues et complexes nous échoient de plus en plus souvent, par manque de médecins traitants » justement… 

Une situation qui s’aggrave, selon le Dr Maxime Foulquier, depuis le premier confinement. « On voit  aujourd’hui des patients qui n’ont pas vu de médecin traitant depuis 18 mois, parce qu’ils ne peuvent pas sortir de chez eux et ne trouvent personne pour venir à domicile. Ils sont régulièrement dans des états alarmants. » 

Sans parler de rivalité entre médecins, l’urgentiste regrette tout de même un certain « désengagement » des médecins traitants de la visite à domicile. En réalité, c’est tout le système de santé, et ses dérégulations de ces dernières années, qui retombe en cascade en fin de chaîne, sur SOS Médecins comme sur les services d’urgence. Cette grève « très exceptionnelle », rappelle le président, vise donc à obtenir une place à la table des négociations. Avec en ligne de mire une revalorisation de la visite à domicile de jour pour tous. À commencer par ceux qui la pratiquent le plus. 

D’ici là, les praticiens de la route de Canet ont décidé localement de poursuivre le débrayage lancé au niveau national. Les visites à domicile restent suspendues pour encore trois jours, les 28, 29 et 30 septembre sur les horaires de jour. Les gardes de nuit et les consultations au cabinet en journée seront assurées dès ce mardi. 

Lundi en fin de journée, aucune réquisition n’était intervenue pour les praticiens de SOS Médecins dans les Pyrénées-Orientales. 

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