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Littoral audois : la pêche au gros, du sport et de l’adrénaline au taquet à Narbonne-Plage

Depuis 35 ans, l’Association narbonnaise de pêche au gros s’adonne à cette activité sportive et de loisirs, qui rallie aujourd’hui pas moins de 190 adhérents. Une pêche rigoureusement réglementée, très loin du braconnage et des pratiques industrielles. 

Prendre le large pour affronter un des plus grands carnassiers de Méditerranée, se mesurer d’homme à poisson au sprinter des mers qu’est le thon rouge : la pêche au gros peut rendre accroc n’importe quel pêcheur en quête de sensations fortes. C’est le cas de Michel Lacaze, président du club de Narbonne plage. Ce « voileux » a viré de bord voici une douzaine d’années, quand il a tiré de l’eau son tout premier thon. Un mémorable combat d’une heure et demie, qui l’a définitivement fait chavirer pour la pêche au gros. Avec son ami Frédéric Pradines, également adhérent de l’association, on met le cap sur cette pratique hors normes : loin d’être un leurre, adrénaline et convivialité sont toujours au bout de la ligne. 

Michel et Frédéric pêchent en stand up, équipés d’un baudrier.
Independant – CHRISTOPHE BARREAU

Penser comme le poisson

Le soleil n’est pas encore au zénith. Aux commandes du Tonymandou (un Merry fischer 925), Michel Lacaze et Frédéric Pradines larguent les amarres pour s’évader au large de Narbonne plage. « Ici, les fonds sont sableux et descendent très lentement. Ce n’est pas l’idéal pour que le poisson se fixe. La pêche n’est pas forcément plus difficile, mais le secteur est moins poissonneux… En fonction du type de bateau et du permis, les pêcheurs se rendront plus ou moins loin », relèvent-ils. C’est à une profondeur d’environ 50 m que les amis ont décidé de poser 3 cannes. Ils pêcheront  en stand-up, c’est-à-dire debout, équipés de baudriers, sans siège fixé au bateau. Les cannes et moulinets ont été choisis en conséquence. Le tout est bien amarré au bastingage pour ne pas se laisser surprendre, au risque de voir tout le matériel partir à l’eau « en cas de départ violent du poisson ». Idem pour le lieu de pêche, d’où le bateau dérivera doucement. Car tout est affaire de technique, d’observation, de patience, voire d’un peu de superstition. « Je scrute en permanence la surface pour repérer les chasses de thons qui poursuivent les bancs de sardines et d’anchois. J’observe aussi les oiseaux, notamment les sternes : leur plongeon dans l’eau est un signe de la présence du poisson », indique Michel.  

Après un combat d’homme à poisson, le thon est tiré de l’eau.
Independant – CHRISTOPHE BARREAU

Ainsi, « chaque pêcheur a sa façon de procéder, de monter ses bas de ligne, de piquer la sardine à l’hameçon… Tout  a une importance. On partage beaucoup, mais bien sûr on ne se dit pas tout ! ». Une fois les lignes installées, il est temps d’appâter le thon en dispersant le fameux broumé : des sardines coupées en petits morceaux et jetées à la mer à un rythme régulier, pour suivre le courant et le mouvement des bas de ligne. L’objectif est de capter sans relâche l’attention du thon, pour l’attirer au plus près des hameçons. « Il faut penser comme le poisson », résume Frédéric. Malgré toutes ces précautions, les pêcheurs pourraient écoper d’une mauvaise surprise : au lieu d’un thon, une raie ou encore un requin à peau bleue sont susceptibles de mordre à l’hameçon… comme une arête dans la gorge des pêcheurs, puisque ces espèces sont moins intéressantes gustativement et en termes de combat. À moins que la mer ne devienne « pétole » (d’huile)… produisant un effet soporifique sur le Thunnus thynnus : « Ce ne sera pas le meilleur moment pour pêcher, nous le savons par expérience ». 

Des torpilles qui peuvent nager jusqu’à 60 km/h

La pêche c’est tout un art de vivre et une bonne dose de convivialité.
Independant – CHRISTOPHE BARREAU

Néanmoins, le temps d’un apéritif et d’un barbecue au-dessus des flots, « car la pêche c’est aussi la convivialité et le plaisir de partager entre amis… tout un art de vivre », la patience sera récompensée. Soudain, les cannes se tendent et on enfile les baudriers à toute allure. L’heure du combat a enfin sonné. Mais gare, le thon pourrait se décrocher aussi vite qu’il s’est piqué. « Nous laissons se dérouler la ligne sur environ 200 m. Quand le poisson ralentit, on peut commencer à le travailler ». Chaque tour de moulinet compte, « car les thons sont des poissons malins et très puissants. Ce sont des torpilles qui peuvent nager jusqu’à 60 km/h. La lutte peut durer des heures et nous savons que nous pouvons perdre. Idéal pour retrouver le goût du combat ! ». Pour autant, l’animal ne sera pas forcément arboré comme un trophée. La réglementation est intransigeante. « Le club a droit à un quota de pêche limité et une taille minimale d’1, 45 m est imposée. En dessous, le thon sera rejeté à l’eau ». Le poisson sera officiellement mesuré, avant d’être muni d’une bague indiquant la date de la capture. La déclaration devra ensuite être envoyée sous 48 heures à France Agrimer. À savoir que la Fédération fixe aussi les périodes de capture, en l’occurrence du 1er juillet au 30 août et du 15 au 30 septembre. Si les dotations par club « évoluent très peu chaque année, et ont même tendance à diminuer », la pêche au gros garde le vent en poupe. « Car il s’agit d’une pêche propre, loin des pratiques industrielles ou du braconnage », permettant au secteur économique de la plaisance de conserver un certain rythme de croisière.

Si la taille du thon est inférieure à la maille, le poisson sera rejeté à l’eau.
Independant – CHRISTOPHE BARREAU

La recette de tartare de thon d’après Sophie, femme de pêcheur

Au couteau, découper finement le thon rouge en petits cubes (plus ou moins gros selon la mâche désirée). Ajouter du concombre, de l’avocat et des oignons rouges émincés. Assaisonner avec de l’huile d’olive, du citron, un peu de vinaigre, de la coriandre, du sel, du poivre et du piment d’Espelette. Bien mélanger et réserver au réfrigérateur. Former le tartare avec un emporte-pièce et servir très frais avec une salade de tomates du jardin.

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