Free Delivery & 60-Day Returns* - Everyday!

Grand Narbonne/St-Marcel-sur-Aude : la centrale solaire fête 10 ans de rayonnement

Le site fait partie des premières fermes photovoltaïques implantées dans l’Aude. Les principaux acteurs mesurent le chemin parcouru et se projettent dans l’avenir.

Quand le projet est né il y a 10 ans, il était loin de faire l’unanimité. Les chasseurs  se voyaient privés d’une grande partie de leur territoire. La question de la biodiversité se posait également. Au printemps 2011, les panneaux solaires ont  poussé sur près de 40 ha dans la garrigue de St-Marcel. La centrale produit 16MWh chaque année, soit la consommation électrique annuelle de 6880 habitants. Une décennie plus tard, il est temps de partager le retour d’expérience 

Pour Guillaume Heras, maire du village et 1er vice-président du Grand Narbonne, cet anniversaire est avant tout « l’occasion de dire comment a évolué la centrale solaire, le travail mené avec la Chambre d’agriculture, l’Etat, l’Agglo et les divers intervenants, pour parvenir à un bilan très positif. La centrale est intégrée dans son environnement, sur un lieu où la terre ne présentait pas un fort rendement agricole, sans exclure la biodiversité. On s’inscrit totalement dans le projet de croissance verte du Grand Narbonne ». Jean-Marie Monié, élu en charge de la transition écologique pour la communauté d’agglomération, a rappelé l’ambition de devenir un territoire à énergie positive (produire plus d’énergie qu’on en consomme) à l’horizon 2050.

Toujours plus d’énergie solaire à l’avenir

Les acteurs et partenaires de la centrale solaire étaient d’ailleurs réunis sur site cette semaine. Chacun a mesuré les bénéfices de l’installation et émis quelques observations. David Augeix, directeur régional d’EDF Renouvelables, a mis l’accent sur l’accompagnement des territoires pour des installations « à échelle humaine », notamment dans des secteurs « où l’agriculture et le tourisme sont les 1res ressources économiques ».

Toujours chez EDF Renouvelables, Pierre Gitenet (chargé d’affaires pour l’environnement), a fait la démonstration que la centrale n’aurait en rien affecté le potentiel naturel. Sur le site, relativement préservé de l’intervention humaine, EDF privilégie l’entretien par le pastoralisme et observe la présence de criquets endémiques, d’abeilles sauvages, de reptiles… de moineaux domestiques, de lapins de garenne… La centrale est ainsi devenue un site propice à la faune, « en termes de nourriture comme de quiétude ». 

Si le Grand Narbonne a atteint « 93 % de ses objectifs en termes d’équipements photovoltaïques, au sol et en toitures », explique Guillaume Heras, les élus ne s’interdisent pas de « dépasser les 100 % », en poussant encore la démarche, « intelligemment et sur des sites où cela a du sens ».

Agriculture, environnement, énergie… un équilibre à instaurer

Au Parc Naturel régional de la Narbonnaise, Typhaine Adelle Legrand (chargée du climat et de l’énergie), s’est interrogée sur la régularité dans le temps du suivi environnemental de la centrale. Sachant qu’aucune réglementation n’oblige EDF Renouvelables à actualiser les études. De même elle regrette que les données récoltées ne soient pas largement partagées avec le grand public et des acteurs comme le Parc naturel. 

Quant au développement du photovoltaïque sur des terres cultivables, Margaux Lecroq (chargée d’étude développement territorial), a exposé la position de la Chambre d’agriculture. Sur ce sujet complexe « qui amène beaucoup de questions, les élus travaillent et attendent des retours d’expérience. Chaque cas est à étudier ». De tels projets « ne seraient pas contradictoires sur des terres difficiles à cultiver ».

Au début, les chasseurs étaient contre la centrale

Guy Solignac, président de l’Association communale de chasse agréée, a partagé son expérience. Au départ, « les chasseurs étaient contre la centrale, qui nous enlevait une partie de notre territoire le plus giboyeux. On a essayé de vivre avec et on a mis en place une réserve de chasse sur les 40 ha de la centrale ». En améliorant l’habitat du lapin, en délimitant des zones de friche pour les oiseaux migrateurs, en installant des abreuvoirs ou des cultures à gibier… « le bilan est positif… les espèces chassables se sont adaptées et se reproduisent en toute quiétude ».

Articles populaires